En visite à Moscou, le président chinois, Xi Jinping, n’a pas atri d’éloge et de déclarations d’amitié à l’égard de Vladimir Poutine, qu’il a salué comme «son meilleur ami», également en froid avec les Américains, à donner un «nouvel éclat» à l’entente russo-chinoise.

Xi Jinping a est arrivé avec un couple de pandas géants, prêtés pour 15 ans au zoo de Moscou. Ces pandas sont le symbole de la solidité des relations entre la Chine et la Russie. Avant les différents évènements prévus pour cette visite, Xi Jinping a été reçu durant plusieurs heures par Vladimir Poutine.

La traditionnelle «diplomatie du panda» chinoise a eu cours. Car il s’agit d’«un signe de respect particulier pour la Russie», a assuré le président russe. «Ces animaux sont un des symboles de la Chine, et nous apprécions beaucoup ce geste d’amitié».

Après avoir signé avec son homologue une déclaration commune ouvrant «une nouvelle ère» de leurs liens, le président russe a salué devant la presse des relations qui ont «atteint un niveau sans précédent».

Ce dernier a précisé les positions de Moscou et Beijing, membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, qui sont «très proches ou coïncident entièrement» sur la plupart des dossiers internationaux, tels que le programme nucléaire nord-coréen, le conflit en Syrie ou encore l’accord nucléaire iranien.

Cette rencontre consolide aussi les échanges dans le cadre de « La Ceinture et la Route ». Lors du premier Forum des Routes de la soie à Beijing, le 14 mai 2017, le président de la Fédération de Russie avait a assuré que son pays allait faire de cette initiative « un intégrateur politique et social de l’Eurasie ».

Xi Jinping a souhaité, pour sa part, que «l’amitié traditionnellement forte russo-chinoise brille d’un nouvel éclat». Cependant, les deux hommes se sont fixés «de nouveaux objectifs d’ampleur» visant à «renforcer davantage la coopération» et «contribuer à la prospérité» de leurs peuples, a souligné Vladimir Poutine.

Xi Jinping s’est rendu dans la capitale des tsars, en tant qu’invité d’honneur du Forum économique de Saint-Pétersbourg. Cette visite d’Etat est «un événement crucial pour nos relations bilatérales», a souligné M. Poutine, en rappelant que l’Union soviétique avait été «le premier pays à reconnaître la République populaire de Chine, au lendemain de sa proclamation» en 1949.

Les échanges commerciaux entre Moscou et Pékin ont augmenté de 25% en 2018 pour atteindre un niveau record de 108 milliards de dollars, selon le Kremlin.

La Chine est également devenue « un investisseur très important » dans l’économie russe et maintient ses financements publics comme privés en Russie au moment où le pays voit partir d’autres acteurs étrangers notamment en raison des sanctions, a expliqué Alexandre Gabouïev du Centre Carnegie de Moscou.

La Russie, dont l’économie est durement frappée par des sanctions européennes et américaines depuis 2014 en raison de la crise ukrainienne et de l’annexion de la Crimée, «est en train de se tourner réellement du marché européen vers le marché chinois», a précisé l’analyste russe à l’Agence France Presse.

De nombreux accords et protocoles d’accord ont été signés le 5 juin, parmi lesquels celui finalisant la création d’un nouveau poids lourd russo-chinois de commerce en ligne. Pied de nez aux Etats-Unis qui accusent le géant chinois des télécoms d’espionnage, Huawei a signé un contrat avec le numéro un russe MTS pour développer un réseau 5G.