Les prévisions de croissances publiées ce mardi 4 octobre, interviennent quelques jours après l’annonce  par le FMI d’une intégration de la monnaie nationale, le yuan, dans le panier des devises de réserve.

En dépit de cette intégration, le Fonds monétaire international a indiqué que les réformes financières devaient s’accélérer, et l’ouverture de ses marchés devait réellement convaincre les investisseurs étrangers.

En effet, la devise restant difficilement convertible et suspendue à l’interventionnisme du gouvernement. Le yuan est depuis samedi officiellement partie intégrante de l’unité de compte du Fonds monétaire international, les droits de tirage spéciaux (DTS), rejoignant le dollar, l’euro, la livre britannique et le yen japonais.

Il s’agit là d’une « étape historique » pour l’internationalisation du renminbi, qui « confirme la réussite de la Chine dans ses réformes et l’ouverture de son secteur financier« , a indiqué la Banque populaire de Chine (PBoC).

Mitul Kotech, analyste de Barclays, a indiqué à l’Agence France Presse que cette introduction est « un symbole ». De son côté, l’agence de presse, Xinhua, a estimé que l’entrée du yuan est « un événement historique pour la Chine et le système monétaire international », allant « contribuer à créer un ordre économique davantage multipolaire et faire avancer la réforme de ce même système monétaire ».

Mais surtout pour Beijing, « un pas supplémentaire pour que le yuan s’impose comme devise de réserve« , a indiqué l’analyste. En effet, la PBoC a indiqué que le nouveau panier du FMI allait améliorer la représentativité, la stabilité et l’attractivité des devises de réserve.

Cette dernière a assuré qu’il était « naturel de reconnaître » au renminbi (yuan, RMB) le statut de devise de réserve mondiale, car « l’utilisation de la monnaie chinoise à l’échelle globale a connu une croissance spectaculaire ces dernières années », note l’agence de presse, Xinhua.

Dans le nouveau panier des DTS, le yuan a une proportion de 10,92%, le dollar de 41,73%, l’euro de 30,93%, le yen japonais de 8,33% et la livre sterling de 8,09%. D’après Dariusz Kowalczyk, analyste de Crédit agricole, cette situation pourrait accroitre les réserves en yuans de 25 à 30 milliards de dollars (22 à 26 milliards d’euros) à moyen terme. De plus, le marché des obligations en yuans pourrait attirer de son côté jusqu’à 1 000 milliards de dollars (880 milliards d’euros) en 5 ans, selon Bloomberg.

Mais « le yuan n’a pas encore conquis le statut de monnaie de réserve », a insisté Simon MacAdam, analyste chez Capital Economics. « Ce qui décide les banques centrales, c’est la certitude que la monnaie puisse être aisément vendue si nécessaire sur des marchés vastes et liquides », a-t-il expliqué.

Or, « les responsables de réserves de changes y réfléchiront à deux fois avant de se lier à la devise d’un pays dont les autorités interviennent quand ça leur chante » sur les marchés financiers, abonde son collègue Julian Evans-Pritchard, analyste du cabinet Capital Economics, pour qui « l’impact restera minimal sur la demande d’actifs en renminbis ».