Né en 1906 à Changzhou (Jiangsu), Zhou Youguang est mort ce samedi 14 janvier à l’âge de 111 ans à Beijing. Le père du « pinyin », écriture latinisée du mandarin, est devenue aujourd’hui une icône universelle pour ses critiques contre le pouvoir central.

« Il a survécu à plusieurs époques et éclairé les gens ordinaires« , commentait ce dimanche 15 janvier, le Quotidien du peuple. Né durant la dynastie Qing, avant son renversement et les turbulences révolutionnaires, cet érudit aura vécu tous les bouleversements de la Chine du XXème siècle.

Etudiant à Shanghai, il travaillera dans le secteur bancaire à New York, après 1945 pour fuir la guerre civile. A la victoire de Mao Tsé-toung en 1949, il retourne Chine et est chargé en 1955, en tant que linguiste amateur féru d’esperanto, d’élaborer une translittération des sons du mandarin, afin de faciliter l’apprentissage de la langue. Mais aussi obtenir une langue commune, dans l’ensemble du pays, et ainsi faciliter les démarches administratives.

Il est envoyé à la campagne pour rééducation, durant la Révolution culturelle (1969-1976). Depuis sa retraite, Zhou Youguang était « un critique farouche du régime communiste », a indiqué l’Agence France Presse.

D’ailleurs dans l’un des interviews accordée à l’agence en 2015, il avait indiqué qu’« honnêtement, je n’ai rien à dire de bon sur Mao Tsé-toung », déplorant 20 années de « perdues ».

L’intellectuel avait publié depuis 2006 une dizaine d’ouvrages, dans lesquels l’administration avait exigé des coupes sombres, car il y défendait l’idée que les réformes économiques engagées sous Deng Xiaoping dès 1978 nécessitaient un changement politique.

« Après 30 ans de réformes économiques, la Chine doit encore prendre le chemin de la démocratie, c’est la seule voie », avait-t-il indiqué à l’AFP. Ce dernier assurait que le durcissement de Xi Jinping n’avait pas d’impact, car le problème se situait principalement sur « le système: nous n’avons pas de liberté de parole en Chine ».

Zhou Youguang est connu comme le principal concepteur du « pinyin », système de transcription des idéogrammes chinois en caractères romains, introduit dans les années 1950, qui s’est par la suite imposé dans le monde.