La croissance économique du pays s’est stabilisée au 2nd trimestre 2016, enregistrant légère augmentation plus rapide que prévue. Les autorités espèrent que l’économie entre dans une phase de développement stable mais plus lente.

Le Bureau d’Etat des statistiques (BES) a indiqué que le PIB du pays a augmenté de 6,7% en base annuelle au 2ème trimestre, pour atteindre 34.060 milliards de yuans (4’419,6 milliards d’euros).

Ce taux de croissance trimestrielle est le plus bas depuis la crise financière mondiale, mais reste conforme à l’objectif de 6,5% à 7% fixé par le gouvernement pour 2016. « Par rapport au 1er trimestre, l’économie chinoise a progressé de 1,8% », note le BES.

« L’économie nationale s’est développée de façon modérée mais stable et saine », a annoncé le BES, qui s’est déclaré « confiant » que l’objectif officiel de croissance annuelle, compris entre 6,5% et 7%, sera atteint.

Ce taux est au-dessus de la prévision médiane prévue par un panel de 17 analystes, selon l’AFP, qui anticipait un ralentissement de la croissance du PIB à 6,6% sur le trimestre allant d’avril à juin.

 « C’est une bonne surprise, il n’y a pas de doute. Mais je pense que cela est dû à une accélération significative de la croissance du crédit« , a déclaré Klaus Baader, chef économiste de la Société générale à Hong Kong, jugeant cependant « un peu décevant » l’impact de cette accélération des emprunts.

« La Chine est sur la voie pour atteindre son objectif de croissance« , a estimé Haibin Zhu, chef économiste chez JP Morgan, ajoutant que si la production industrielle reste « très forte », l’investissement privé est faible.

Les ventes de détail, baromètre de la consommation des ménages, ont augmenté de 10,6% en juin, selon le BNS, tandis que les investissements en capital fixe, reflétant les dépenses publiques, ont cru de 9% au 1er semestre.

Le porte-parole du BNS, Sheng Laiyun, a expliqué lors d’une conférence de presse que la consommation a compté pour 73,3% du PIB au 1er semestre et les investissements pour 37%.

« La demande intérieure demeure le facteur-clé de soutien de la croissance stable de l’économie chinoise« , a souligné ce dernier, alors que la part des services dans le PIB avait grimpé à 54,1%, soit 1,8% de plus qu’au premier semestre l’an dernier.

A contrario, l’investissement privé a fortement reculé au cours du 1er semestre, passant à 2,8% contre 3,9% entre janvier et mai 2016. Ce recul est du aux surcapacités dans les industries traditionnelles et aux difficultés pour les entreprises privées d’accéder à certains marchés et aux prêts bancaires, a expliqué Sheng Laiyun.

Pour Tom Rafferty, de l’Economiste Intelligence unit, « le plus gros motif d’inquiétude est la chute actuelle de l’investissement dans le secteur privé, un signal clair que les entreprises sont anxieuses » sur la conjoncture, et sur « l’échec du gouvernement à réaliser les réformes promises du marché ».

De son côté, Qin Huanmei, professeur associée à l’Université des Finances de Shanghai, s’est dite « pessimiste sur le prochain trimestre », en raison des « graves surcapacités de production » du pays.

« Je suis très surprise de ce chiffre de 6,7% de croissance, bien plus élevé que ce que j’attendais. Je crois qu’il a été réalisé avec la nouvelle méthode de calcul du BNS, qui donne aux chiffres une apparence bien meilleure », a indiqué cette dernière.