Le 11ème sommet Europe-Asie (ASEM) s’est ouvert ce vendredi 15 juillet à Oulan-Bator, en Mongolie, bouleversé par l’attentat de Nice. Les dirigeants présent ont fait une minute de silence en hommage aux victimes et évoqué la nécessité de lutter contre le terrorisme.

L’attentat de Nice au centre du sommet

Présent en Mongolie, le ministre des affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a indiqué ce vendredi à l’AFP qu’il écourtait son séjour après l’attentat de Nice, une « tragédie », qui a suscité « une solidarité spontanée » des dirigeants étrangers présents au sommet Europe-Asie (ASEM) d’Oulan-Bator.

« Je le dis pour les Français, et les habitants de Nice qui sont terriblement éprouvés par cette tragédie, il y a une solidarité spontanée et sincère à l’égard du peuple français, tant du côté des pays asiatiques que des Européens », a-t-il déclaré à l’AFP, évoquant la minute de silence organisée à l’ouverture de la rencontre.

« Les chefs d’Etat et de gouvernement m’ont exprimé leur solidarité et leur compassion (…) Tous se sentent concernés », a indiqué le ministre, rappelant que de l’Indonésie et du Bangladesh jusqu’à la France, aucune région n’était épargnée par les actes terroristes.

« Chacun est bien conscient que la lutte contre le terrorisme n’est pas finie, loin de là, qu’elle doit se mener à la fois sur le terrain – contre Daech par des voies militaires -, mais qu’elle doit aussi se mener par toutes autres voies possibles, contre le financement du terrorisme et contre la radicalisation », a prévenu Jean-Marc Ayrault.

Lutter contre le terrorisme

De son côté, Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders a mis l’accent sur la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme, dans son allocution au Sommet Asie-Europe à Oulan Bator.

Didier Reynders a indiqué que « le rythme des attaques terroristes récentes en Asie, en Europe et ailleurs semble s’accélérer et le nombre de victimes augmente« , plaisant pour que la lutte consiste également à « gagner la paix » via la diplomatie et des solutions politiques aux conflits. Cela « demande aussi de la solidarité, de la coopération et la conviction de défendre une cause commune: la préservation du fonctionnement normal de nos sociétés, de l’Etat de droit et le respect des valeurs fondamentales« .

L’ASEM est « parmi ces indispensables forums aptes à mobiliser cette action et cette solidarité commune« , a expliqué le ministre belge.  Dans un communiqué commune, les 51 dirigeants ont condamné les récentes « attaques terroristes haineuses et lâches » ayant frappé le continent eurasiatique.

« Nous réitérons une condamnation stricte et sans équivoque du terrorisme dans toutes ses formes et manifestations, quels que soient ses auteurs, leurs motivations ou les lieux (visés) », souligne le texte. Les dirigeants ont réaffirmé leur « engagement à joindre nos forces pour combattre la peste du terrorisme et la nécessité de traduire les responsables devant la justice en accord avec la Charte des Nations-Unies et autres obligations du droit international ».

Renforcer la coopération par la connectivité

L’hommage rendu, les 51 pays membres ont débattu des possibilités d’un « partenariat futur via la connectivité ». Lors de son discours inaugural, le président mongol Tsakhiagiin Elbegdorj a salué les 20 dernières années de collaboration entre les pays asiatiques et européens. Il a promit d’intensifier la coopération et la connectivité entre l’Asie et l’Europe.

« Le fait que l’Asie et l’Europe partagent de nombreux intérêts communs et qu’elles font face à des défis similaires exige des deux parties des efforts conjoints« , a indiqué le président.

Tsakhiagiin Elbegdorj a appelé les pays concernés à renforcer davantage leur coordination politique et à contribuer à la connectivité entre l’Asie et l’Europe, afin d’établir un nouveau type de partenariat global, note l’agence de presse, Xinhua.

L’ASEM regroupe la Commission européenne et les 27 membres de l’Union européenne, et les 13 membres de l’ASEAN Plus 3, (Chine, Japon, Corée du Sud) auxquels se sont joints la Mongolie, l’Inde et le Pakistan.

Cette année, l’objectif est de renforcer les coopérations économiques et politiques à travers le continent eurasiatique. Mais la forte poussée de fièvre autour des différends territoriaux en mer de Chine méridionale risque cette fois de dominer les esprits.

Dans son discours, Tsakhiagiin Elbegdorj a précisé que le sommet devrait déboucher sur une déclaration du président ainsi qu’une « Déclaration d’Oulan-Bator » visant à passer en revue la coopération de ces 20 dernières années et à orienter la direction de l’ASEM pour la décennie à venir.