Le Rassemblement pour la reconstruction et la rénovation de Madagascar (Vovonana mampiray) a décidé de scruter la présence chinoise sur le territoire malgache.

Il y a deux jours, l’organisation fait part de ses craintes sur la gestion des exploitations minières dirigées par des entreprises chinoises, moins d’une semaine après le passage du ministre des affaires étrangères, Wang Yi. Ces craintes sont partagées par Mbolatiana Raveloarimisa  que « l’opinion générale est très mitigée par rapport aux nouvelles vagues de businessmen chinois, car apparemment ils ne suivent aucune règle : ni dans les constructions, ni dans les lois, qui régissent le pays et encore moins dans les relations humaines ».

Ce dernier était venu apaiser les tensions et rassurer ses partenaires de l’évolution de la coopération sino-malgache et des agissements de certains entrepreneurs chinois, considérés comme des brebis galeuses.

« Les fruits de ces exploitations rentrent-ils vraiment dans la Caisse de l’Etat où sont-ils envoyés illicitement hors du pays ? », s’est interrogé le secrétaire exécutif de l’association, Marie-René Joel Harison dans un communiqué. Pour Vovonana mampiray, il n’y a aucune retombée économique et sociale des exploitations entreprises par des sociétés chinoises.

« Nous savons que les Chinois vont construire une autoroute allant d’Antananarivo à Toamasina, mais il ne faut pas oublier que cette partie nord de l’île regorge également de nombreuses ressources minières« , a indiqué l’association, qui exige la transparence sur ce dossier.

« L’autoroute sera-t-elle entièrement financée par les Chinois et qu’en sera-t-il si jamais ils trouvent des richesses minières sur cet axe durant les travaux ? De combien de temps exactement dureront les travaux et le pays aura-t-il à débourser des frais ? »; pose l’organisation.

En juin 2016, le ministre des travaux publics, Eric Razafimandimby, a signé une mémorandum définissant le projet de construction de l’autoroute reliant Antananarivo à Toamasina. Cette autoroute de 240 km relie la capitale à la ville du Grand port.

Le financement est réalisé par Beijing, qui n’en a pas donné les détails. Toutefois,  Madagascar fait partie des dix pays sélectionnés par la Chine, ayant accès à l’enveloppe de 60 milliards de dollars décidé en décembre 2015, lors du Forum sino-africain de coopération. Cependant, il s’agit d’un prêt, qui devra être remboursé 7 ans après l’inauguration de l’infrastructure.

Les chinois ne sont pas les seuls dans le viseur de Vovonana Mampiray, qui a évoqué la venue du président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, à Madagascar. L’association appelle à la vigilance, car la Grande Île regorge de ressources minières. Raison pour laquelle, elle assure que « la tenue d’une concertation nationale pour la reconstruction de Madagascar constitue la solution efficace à ce problème ».