Le quotidien Beijing Review a démontré comment les réformes de Deng Xiaoping ont changé le modèle économique et sociale de la Chine, en permettant à des personnes de s’enrichir pour ensuite participer à l’enrichissement des plus pauvres.

« La voie tracée par Deng Xiaoping, initiateur de la politique de réforme et d’ouverture il y a plus de 30 ans » a conforté le système actuel. En effet, en laissant certaines personnes s’enrichir d’abord, elles parviendront progressivement à une prospérité commune.

Pei Chunlinag

L’exemple est donné avec l’initiative de Pei Chunliang, qui a connu la pauvreté dans sa jeunesse. Trop pauvre pour continuer ses études, il part travailler comme migrant dans plusieurs grandes métropoles, comme Beijing et Zhengzhou. Après des années difficiles, il décide d’ouvrir un restaurant et une usine. Cette démarche lui permettra de s’enrichir.

Par la suite, Pei Chunliang est retourné dans son village dans le Henan. Il est élu chef du village, et fait don de 50 millions de yuans (6,5 milliards €) pour la construction de résidences, d’un réservoir et d’une route. Cette initiative permet de sortir les villageois, principalement des fermiers, de la pauvreté. Et le revenu annuel par habitant du village, selon Beijiing Review, est passé de moins de 1’000 yuans (130€)  en 2005 à 11’000 yuans (1’430 €) en 2015.

Grâce à l’action de Pei Chunliang, Pei Longhui, ancien paysan, possède désormais un magasin. Son activité lui rapporte un revenu annuel de plus de 150 000 yuans (19’500 €), le faisant sortir de la pauvreté et intégrer la classe moyenne.

« Ces initiatives montrent la confiance inébranlable dans la voie tracée par Deng Xiaoping », car avant les années 1980, l’économie était sous développée, « il était donc nécessaire de permettre à certains de faire d’abord fortune pour faire table rase de l’ancien système égalitariste et favoriser le développement de l’économie de marché », note le quotidien.

Les trente dernières années de réforme et d’ouverture ont permit une croissance économique fulgurante et un développement de la société impressionnant, créant d’ailleurs une « tribu des riches« . Cette tribu correspond à la première vague de nouveaux riches qui doivent désormais « notamment dans les régions rurales, de jouer un rôle d’exemple et de guider les populations pauvres vers la prospérité commune ».

Pourtant, les nouveaux riches sont mal considérés par la population, qui les considèrent arrogants, sans foi, ni loi, outrancier, … Avec la montée des inégalités, le gouvernement tente de redorer le blason de ces millionnaires et milliardaires, qui sont généralement, de hauts responsables du Parti communiste chinois.

Leçon de patriotisme pour la jeunesse dorée de Chine (cliquez sur l’image)

Ces derniers se sont engagés en novembre 2012 à plus de transparence sur les revenus des dirigeants et un an plus tard, Xi Jinping décide de lancer une campagne anti-corruption, visant à épurer les cadres corrompus du parti. Il est aussi demandé aux cadres de ne pas faire étalage de leurs richesses et de se référer au dogme du PCC.

Même leurs descendants, appelés « fuerdai », sont sur la sellette. Raison pour laquelle, des formations ont ouvert dans le pays afin de « les sensibiliser à la responsabilité sociale et au patriotisme ».

Même si la philanthropie est vivement incitée par les autorités, les fortunés peinent à entreprendre des initiatives comme celle de Pei Chunliang. « La plupart de ceux qui se sont enrichis ne font pas encore figure de leaders pour guider la prospérité commune », a écrit Beijing Review.

Le quotidien déplore la responsabilité mise sur les réformes de Deng Xiaoping pour expliquer les inégalités et la distribution inégale de la richesse sociale. « Cette critique manque d’objectivité (…) les premiers riches ont fait fortune progressivement au cours de plusieurs décennies de réforme et d’ouverture, et il faudra encore du temps pour qu’ ils puissent remplir leur rôle de modèle« , assure le journal de la capitale.