La chancelière allemande préside la 4ème édition des consultations intergouvernementales sino-allemandes avec le Premier ministre chinois, Li Keqiang, afin d’accroitre les investissements entre les deux pays. Cependant, cette visite intervient, alors que Berlin refuse toujours d’octroyer à la Chine, le statut d’économie de marché.

Pour Gui Henderson, journaliste allemand à CCTV, « les investissements chinois en Allemagne ont rapidement augmenté au cours de la dernière décennie en partant de pratiquement zéro. Et contrairement à beaucoup d’autres régions en Europe, ils restent stables en dépit d’un certain ralentissement de l’économie ».

Pour ce dernier, « l’intérêt de la Chine semble principalement conduit par une demande qui s’accroît pour les produits de plus haute qualité ». D’autant plus que les « investissements chinois se diversifient également du côté des entreprises allemandes, les grandes comme les petites ».

Angela Merkel en ChineEn visite en Chine, du 12 au 14 juin, la chancelière allemande effectue sa 9ème visite en Chine, depuis sa prise de fonction. L’objectif sera de renforcer la coopération bilatérale et de trouver les moyens de permettre aux entreprises allemandes d’investir plus facilement en Chine.

Cette 4ème consultation vise à maintenir le dialogue entre les deux pays, dans le but de  « coordonner et de renforcer la coopération ». D’autant plus que l’Allemagne est le 1er partenaire commercial européen de la Chine, où débouchent 8% des exportations germaniques.

A cette occasion, elle rencontrera le président Xi Jinping et le numéro 3 du gouvernement, Zhang Dejiang, et devrait évoquer avec eux l’épineux dossier du statut d’économie de marché, demandé par la Chine.

D’ailleurs, le ministre allemand de l’Economie, Sigmar Gabriel, a assuré à la veille de son départ que la Chine ne respectait par les règles en matière d’investissement internationaux. Ce dernier a établi, le 8 juin, une distinction entre les marchés ouverts et « un marché interventionniste de capitalisme d’Etat », c’est à dire la Chine.

« Nous ne pouvons pas sacrifier des entreprises allemandes et des emplois allemands sur l’autel de l’ouverture des marchés quand en réalité il n’y a pas d’égalité. Pour avoir des marchés ouverts, il faut que les mêmes règles soient respectées partout », a déclaré à la presse, Sigmar Gabriel, également vice-chancelier.

« Il ne s’agit pas de protectionnisme mais d’équité (..). On ne parle pas du cas d’une entreprise en particulier ou d’un pays. On parle de marchés ouverts sur la base d’une concurrence loyale, avec les mêmes conditions pour tous », a ajouté ce dernier.

Il s’agit là d’une des raisons pour lesquelles, le numéro 2 du gouvernement est opposé à l’octroi par l’Union européenne du statut d’économie de marché à la Chine. « Si un pays veut obtenir à l’échelle internationale le statut d’économie de marché, il ne doit pas se comporter comme une économie dirigée par l’Etat », a assuré Sugmar Gabriel.

« La Chine n’obtiendra le statut d’économie de marché uniquement lorsqu’elle se comportera comme une économie de marché », a-t-il insisté. La chancelière, Angela Merkel, devrait évoquer le sujet avec le Premier ministre Li Keqiang et le président Xi Jinping.

De nombreuses manifestations de sidérurgistes européens ont eu lieu durant les débats

De nombreuses manifestations de sidérurgistes européens ont eu lieu durant les débats au Parlement européen

D’autant plus que la 1ère puissance économique d’Europe s’est alignée sur la position de la Commission européenne de ne pas donner le SEM à la Chine serait « intenable » car cela priverait l’UE de ses droits de douanes « face aux pratiques commerciales déloyales ».

En effet, certains Etats européens et industriels craignent ce changement de statut car il pourrait déboucher sur une forte baisse des droits de douane et ouvrir davantage les portes aux produits chinois et de fait menacer l’emploi.

Le Parlement européen a aussi voté massivement contre l’octroi du statut au géant asiatique, afin de « garantir un cadre équitable aux industriels européens et de protéger l’emploi« .

A son entrée dans l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) en 2001, la Chine avait été enregistrée comme une économie non marchande, avec la promesse d’un réexamen de son statut quinze ans plus tard, en 2016. Une option alternative pour l’UE consisterait à n’octroyer qu’un changement partiel de son statut, avec des exceptions pour des secteurs particulièrement menacés, une stratégie adoptée par les Etats-Unis.