Stellantis, créé de la fusion Peugeot-Citroën et Fiat-Chrysler, et son partenaire chinois GAC ont annoncé le dépôt de bilan d’une coentreprise en Chine, alors que le groupe automobile revoit sa stratégie dans le pays.

Les deux partis ont «approuvé une résolution autorisant [leur] coentreprise à déposer le bilan», a indiqué dans un communiqué le groupe aux 14 marques, évoquant un «contexte déficitaire».

Guangzhou Automobile Group Co (GAC) a précisé que cette décision des actionnaires avait été prise à l’unanimité. «Stellantis continuera de fournir des services de qualité aux clients actuels et futurs de la marque Jeep en Chine», a rassuré le constructeur européen.

La coentreprise fabriquait des véhicules Jeep. La société est actuellement en cours d’électrification, tout en restant l’une des principales pistes de développement en Chine pour le groupe, qui y vise 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2030.

La Chine est le plus grand marché automobile du monde. Les marques étrangères doivent faire face à de nombreuses contraintes réglementaires et une multitude d’acteurs locaux qui ont gagné en compétitivité, notamment dans le secteur de la voiture électrique.

Plus tôt ce mois, le directeur général de Stellantis, Carlos Tavares, a indiqué que Stellantis, l’un des plus vieux acteurs européens en Chine, déclare forfait. « Si on va au bout de notre stratégie, nous n’avons pas besoin d’usines en Chine », a assuré ce dernier.

Stellantis « discute actuellement avec son partenaire Dongfeng » d’un retrait industriel de Peugeot et Citroën de Chine. « Il y a des limites à une co-entreprise avec des sociétés qui ne respectent pas ce qu’elles ont signé et n’ont pas réussi », a assuré ce dernier, qui a ajouté « on ne gagne pas d’argent en Chine ».

Fin juillet 2022, Carlos Tavares pointait du doigt une « nette politisation du climat des affaires en Chine depuis quatre ou cinq ans« . Il y voyait « l’application d’un document du Parti communiste chinois de 2010. Nous allons vers des tensions croissantes entre le monde occidental et la Chine. Il y aura à un moment des sanctions croisées qui mettront les sociétés occidentales dans des situations très difficiles« .

Carlos Tavares a d’ailleurs constaté cette situation dans les ventes de voitures en Chine : celles des « véhicules allemands sont en baisse de 20%, des constructeurs américains de 19%, des marques japonaises de 14%, tandis que les firmes chinoises les accroissent de 11% », a-t-il expliqué. Il s’agit, selon lui, de la logique de la priorité donnée aux constructeurs nationaux par Pékin.