Après avoir été isolée durant plusieurs semaines, Washington s’est finalement rallié aux côtés de ses alliés occidentaux et de la Chine au sein de la Banque asiatique d’investissements pour les infrastructures (BAII). Une victoire pour Pékin qui parvient ainsi à ramener dans son giron les grandes puissances occidentales et émergentes.

BAIIWashington se rallie bon gré, mal gré

En avril, le secrétaire américain au Trésor Jacob Lew avait expliqué dans un discours à l’Asia Society de Caroline du Nord qu’ils avaient été « très clair avec la Chine sur le fait que les États-Unis sont prêts à accueillir de nouveaux ajouts dans l’architecture de développement international, y compris la Banque asiatique d’investissements pour les infrastructures, à condition que ces institutions soient complémentaires aux institutions financières internationales existantes et qu’elles partagent le fort engagement de la communauté internationale à des prises de décision multilatérales et à toujours améliorer ses mesures de protection et ses standards de prêt ».

Washington a tenté à de nombreuses reprises de dissuader ses alliés occidentaux d’intégrer la BAII, en vain, le États-Unis se disent désormais « encouragés par les conversations que j’ai tenues à Beijing, où les dirigeants chinois ont clairement indiqué qu’ils aspirent à des standards élevés et qu’ils accueillent avec plaisir les partenariats ».

Jacob Lew a d’ailleurs annoncé le lancement des projets de cofinancement entre la BAII et les institutions existantes ce qui « aidera à faire preuve de leur engagement à des standards élevés de gouvernance, de protection sociale et environnementale, et de soutenabilité de la dette ».

La BAII, conforme aux standards

Pékin a rassuré les 56 pays membres-fondateurs, leur assurant que la BAII respectera tous les standards élevés en matière bancaire et qu’elle adoptera dans ses statuts, les meilleurs aspects des institutions financières multilatérales, comme la Banque Mondiale, la Banque Asiatique de Développement.

Ainsi, la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures sera compatible avec les organismes de prêt internationaux établis, a précisé Hua Chunying, porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, le 1er avril. Ce dernier a indiqué que la fondation de cette banque « complétera l’ordre économique actuel et permettra à la Chine d’assumer une plus lourde responsabilité mondiale. »

Une responsabilité saluée par Jacob Lew, qui a évoqué l’implication grandissante de la Chine dans l’architecture économique globale : « soyons clairs, la Chine et d’autres marchés émergents méritent de faire entendre leurs voix. Ils joueront un rôle important dans la fixation des règles et des standards du futur système multilatéral. »

Formellement établie d’ici la fin de l’année 2015, la BAII sera une institution financière internationale, destiné à financer des projets d’infrastructures en Asie. Son capital autorisé sera de 87 milliards d’euros, tandis que son capital initial souscrit devrait être proche des 43,5 milliards d’euros. Les négociations ont abouti à un consensus sur la charte et la signature de celle-ci, qui sera soumis à chaque gouvernement pour le ratifier.