Le président de la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (BAII/AIIB), Jin Liqun, a expliqué que « notre succès repose en premier lieu sur la transparence et une gouvernance forte, car nous prévoyons de diriger cette organisation selon les normes internationales les plus élevées« , lors du 2ème Forum européen de la finance.

Jin Liqun, président de la BAII

« Notre banque essaie de faire les choses différemment et de faire différentes choses, trouvant des approches uniques et asiatiques au développement pour le XXIe siècle« , a assuré ce dernier, à Dublin (Allemagne).

Ce 2nd Forum européen de la finance, organisé par The Financial Times et l’IDA Ireland, (agence d’investissement intérieur irlandais), visait à trouver comment modeler les services financiers mondiaux.Mais pour cela, sa « banque doit être irréprochable… ou ne pas exister du tout », a expliqué Jin Liqun.

Pour ce dernier, la BAII adhère « à des standards élevés de gouvernance, à la transparence et à la tolérance zéro contre la corruption. […] Ce point central de nos préoccupations a également renforcé l’intérêt » d’une trentaine de pays désireux de rejoindre la banque cette année, comme l’Irlande.

La transparence, maître mot

Sur la question de la gestion de la banque, Jin Liqun est intraitable, « la transparence est une caractéristique importante, qui exprime la façon dont la direction de cette banque opère et interagit, à la fois en interne mais aussi avec le conseil ».

Ce dernier a expliqué qu’en interne, « les principales décisions sont réalisées après mûre réflexion et une discussion en profondeur par tous les membres de la direction supérieure ».

D’ailleurs, pour faciliter les débats, « nous sommes par ailleurs en train de recruter un auditeur interne, qui aura le plein accès à la banque et sera un membre du Comité de gestion ». Enfin, d’un point de vue externe, « nous nous assurerons que notre Conseil reste toujours informé des activités de la banque ».

La BAII est composée d’un conseil, qui se concentre sur la politique et la stratégie, et d’une direction, qui se focalise sur les activités quotidiennes de la banque. « Nous avons également un Comité d’audit pour notre Conseil d’administration, qui aura des membres externes ».

Le comité d’audit sera donc composé de participants internes et externes. Il s’agit là d’une « innovation, ainsi qu’une grande première pour toute BMD (banque multilatérale de développement) », a souligné ce dernier.

De nombreux défis à relever

L’année du Coq de feu sera importante pour la BAII, qui entre dans sa seconde année d’existence. Trois axes ont été retenu : l’infrastructure durable, la connectivité transfrontalière et la mobilisation du capital privé.

Pour le 1er axe de promotion de l’infrastructure durable, la BAII mettra en avant l’infrastructure verte et soutiendra certains pays dans la réalisation de leurs objectifs en matière d’environnement et de développement.

Le 2nd axe sera donné à l’infrastructure transfrontalière, incluant les routes, les chemins de fer, les ports et les installations des secteurs de l’énergie et des télécommunications à travers l’Asie et au-delà. Le but est de renforcer la connectivité entre les pays, dans le cadre de « La Ceinture et la Route« .

Le dernier axe de la BAII sera de proposer des solutions innovantes encourageant le secteur privé à investir, comme les banques de développement bilatérales et les financeurs privés.

« Nous avons un grand nombre de projets en 2017 qui donneront la priorité aux investissements dans les infrastructures vertes, promouvront le transport et d’autres projets permettant de lutter contre le réchauffement de la planète », a révélé Jin Liqun, président de la BAII.

Ouverte officiellement le 16 janvier 2016, la BAII compte déjà 57 pays signataires et a approuvé 1,73 milliard de dollars (1,6 mds €) de prêts pour neufs projets d’infrastructures dans sept pays.

La BAII accueille 30 nouveaux membres