Les ventes de détail, baromètre de la consommation des ménages devenue le moteur de croissance du pays, ont ralenti en octobre. De leurs côtés, les investissements dans l’immobilier ont augmenté entre janvier et octobre, selon le Bureau national des statistiques (BNS).

Surprise pour les analystes car le mois dernier, les ventes ont progressé de 10% sur un an, contre une hausse de 10,7% en septembre. Ce ralentissement inquiète les analystes, car le pays a engagé un rééquilibrage économique vers la consommation intérieures et les services. Ces derniers constituent aujourd’hui plus de la moitié du produit intérieur brut, alors que les piliers traditionnels de l’activité du pays (industrie manufacturière, commerce extérieur) stagnent ou chutent.

Ce ralentissement inquiète les analystes, car le pays a engagé un rééquilibrage économique vers la consommation intérieures et les services. Ces derniers constituent aujourd’hui plus de la moitié du produit intérieur brut, alors que les piliers traditionnels de l’activité du pays (industrie manufacturière, commerce extérieur) stagnent ou chutent.

En effet, d’après les données du BNS, la production industrielle s’est accrue en octobre de 6,1% sur un an, mais bien en-dessous des estimations. Cette conjoncture s’explique par l’essoufflement de la demande internationale, les surcapacités de production et l’endettement de certaines institutions gouvernementales.

Malgré la morosité des chiffres, le BNS assure que « l’économie nationale a maintenu (en octobre) une dynamique de développement modéré et stable, dont la qualité s’améliore ». De son côté, ce ralentissement peut s’expliquer « par une base de comparaison défavorable: il y a un an, les ventes de détail étaient dopées par des rabais fiscaux sur les ventes automobiles », a indiqué à l’Agence France Presse, Yang Zhao, analyste de Nomura.

Pour Andrew Collier, analyste indépendant basé à Hong Kong, « il faudra attendre les statistiques (des ventes de détail) des prochains mois, mais cela pourrait signifier que la part de la consommation intérieure dans la croissance diminue ».

D’autant qu’il « est bien plus compliqué pour le gouvernement de contrôler les ventes de détail que les investissements en capital fixe ou la production industrielle, qui dépendent largement de l’Etat« .

Autre secteur touché : l’immobilier. Les investissements dans l’immobilier ont augmenté de 6,6% entre janvier et octobre, contre 5,8% sur la période de janvier à septembre, signifiant une poussée sur le seul mois d’octobre.

De plus, les ventes de logements ont bondi de plus de 40% sur les 10 premiers mois de 2016. En octobre, la surface totale vendue était en hausse de quasiment 27% sur un an, faisant flambée un peu plus les prix.

Ce boom est surtout financé par l’endettement sur fond de crédit bon marché, même si certaines municipalités tentent de durcir les mesures pour encadrer les prêts immobiliers et achats d’appartements. Ces initiatives ne devraient pas porter leurs fruits avant un moment, a estimé Yang Zhao : « il faudra du temps avant que cela ne fasse effet sur les investissements dans la pierre ».

Les investissements immobiliers devraient baisser au cours du 1er trimestre 2017, mais « la croissance des investissements (publics) dans les infrastructures pourrait prendre le relais « , a ajouté ce dernier à l’AFP.

D’ailleurs pour cela, Beijing met l’accent sur les investissements en capital fixe, comme dans les projets d’infrastructures, qui ont grimpé de 8,3% sur les 10 premiers mois de 2016, contre 8,2% sur l’ensemble des trois premiers trimestres.

Julian Evans-Pritchard, du cabinet Capital Economics a indiqué que « les investissements étatiques restent les plus importants, mais la récente accélération provient pour bonne part d’un rebond marqué des investissements privés, après leur stagnation du début d’année ».