Le gouvernement chinois a de nouveau haussé le ton ce 2 juin, dans sa guerre commerciale contre les Etats-Unis, rejetant l’échec des discussions sur Washington et ne laissant entrevoir à court terme aucune sortie de crise.

Menaces d’embargo sur certains métaux, « liste noire » d’entreprises étrangères, hausse des droits de douane et rhétorique guerrière, Beijing a décidé de passer à la contre-offensive, près d’un an après le début de la guerre commerciale lancée par le président américain, Donald Trump.

« La guerre commerciale ne rend pas sa grandeur à l’Amérique« , a estimé le vice-ministre de l’Information, Guo Weimin, en écho au slogan de campagne de Donald Trump : la grandeur de l’Amérique

Donald Trump a augmenté en juillet 2018 les droits de douane sur des produits chinois, ce qu’a également fait la Chine sur des produits américains. Depuis, les prix et les coûts de production ont augmenté aux Etats-Unis, leurs exportations vers la Chine ont baissé et la croissance mondiale est menacée, a résumé Guo Weimin.

Ce dernier a présenté un Livre blanc sur la position chinoise sur les consultations économiques et commerciales avec les Etats-Unis.

Ce document de 21 pages a été publié au lendemain de l’entrée en vigueur de nouveaux droits de douane punitifs sur 60 milliards de dollars (52,8 mds €) de produits américains importés chaque année en Chine, le 1er juin.

Cette mesure répond aux dernières sanctions américaines prises début mai sur 200 milliards de dollars (176 mds €) de produits chinois. En parallèle, le général Wei Fenghe, également ministre de la Défense assurait depuis Singapour que le pays répondrait aux assauts de Washington.

« Si les Etats-Unis veulent parler, nous allons maintenir la porte ouverte. S’ils veulent l’affrontement, nous sommes prêts« , a déclaré le général Wei Fenghe lors d’un forum international.

Un mois après l’échec des négociations commerciales, Guo Weimin a estimé que les Etats-Unis portaient « l’entière responsabilité » de ce revers pour avoir à plusieurs reprises modifié leurs exigences.

Aucune date n’a été communiqué concernant la reprise des discussions, et Guo Weimin a indiqué ne pas avoir d’informations sur une possible rencontre bilatérale entre Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping, fin juin à Tokyo en marge du sommet du G20.

Même si « la coopération est le seul choix possible » avec Washington, « la Chine ne transigera pas sur les principes fondamentaux », ont écrit les rapporteur du « Livre blanc », qui jugent « totalement infondées » les accusations de vol de propriété intellectuelle formulées par l’administration Trump.