vendredi, février 23

Beijing et Washington clôturent la première journée de dialogue

La journée de dialogue entre des responsables chinois et américains s’est terminée par la publication d’un communiqué. Ces derniers s’accordent à dire qu’il est crucial pour les deux pays d’instaurer une coopération solide et une relation commerciale plus « équitable et réciproque« .

Cette première rencontre entre dans le cadre du dialogue mené par les deux précédentes administrations, rebaptisé par l’administration Trump : « Dialogue économique approfondi entre les Etats-Unis et la Chine ».

« Le dialogue ne peut pas immédiatement surmonter toutes les divergences »

Dans le communiqué, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin et le secrétaire au commerce, Wilbur Ross, ont affirmé que « la Chine reconnaissait (notre) objectif commun de réduire le déficit commercial » et que « les deux parties travailleront en coopération pour y parvenir« .

Face à l’absence d’avancées, les deux délégations ont annulé les conférences de presse prévues. « Les principes d’équilibre, d’équité et de réciprocité en matière de commerce continueront à guider la position américaine afin de donner aux travailleurs et entreprises américains l’opportunité d’entrer en concurrence sur un pied d’égalité« , a affirmé le communiqué de l’administration américaine.

Mercredi 19 juillet, lors de l’ouverture des discussions, le secrétaire américain au commerce, Wilbur Ross, a affirmé, face à la délégation chinoise présidée par le vice Premier ministre Wang Yang, qu’il était « temps de rééquilibrer notre commerce« .

Ce dernier a pointé du doigt les exportations chinoises vers les Etats-Unis, qui ont augmenté de 268% en 15 ans, créant un déficit commercial de 309 milliards de dollars (275 milliards d’euros) en 2016.

« Si ce résultat était le fruit normal des forces du libre marché, on comprendrait, mais ce n’est pas le cas« , a ajouté Wilbur Ross, assurant qu’il « est temps de rééquilibrer notre relation commerciale et nos investissements d’une façon plus juste, équitable et réciproque« .

De son côté, Wang Yang, a préconisé la coopération. « La Chine et les États-Unis sont l’un pour l’autre le premier partenaire commercial et la principale source d’investissement. La coopération est un choix réaliste pour les deux parties« , a indiqué ce dernier.

Le vice-Premier ministre a admit que « le dialogue ne peut pas immédiatement surmonter toutes les divergences; en revanche, la confrontation pourrait immédiatement porter atteinte aux intérêts des deux parties« .

L’acier, un secteur sensible

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a affirmé qu’il fallait mettre les compagnies américaines « sur un pied d’égalité » sur le marché chinois.

« Cela veut dire prendre en compte les déséquilibres causés par l’intervention de la Chine dans son économie« , a-t-il poursuivi, ajoutant qu' »une relation économique plus équilibrée apportera la prospérité aux deux pays et au monde« .

Les deux délégations ont reconnu que la question de la surcapacité de production d’acier était une question mondiale qui nécessitait une résolution globale, selon le vice-ministre chinois des Finances, Zhu Guangyao.

Ce dernier a indiqué lors d’une conférence de presse tenue à l’issue du premier Dialogue économique global (DEG) sino-américain que les deux parties avaient discuté de cette question lors de ce dialogue économique de haut niveau d’une journée.

La délégation chinoise a toutefois souligné que Beijing avait « activement agi pour réduire sa surcapacité de production d’acier« , évoquant son plan visant à réduire sa production de 100 à 150 millions de tonnes d’ici 2020.

Le vice-Premier ministre chinois a également souligné que la rencontre visait « à avoir un dialogue, pas une confrontation ». Ce dernier a souligné : « on peut penser comme un champion mais on n’a pas besoin de se vaincre l’un l’autre dans le traitement des différends », reprenant le titre d’un livre de Donald Trump « Think like a champion ».

Il a averti que « la confrontation infligerait immédiatement des dommages aux intérêts » de Beijing et Washington, et a appelé « à travailler ensemble ». De son côté, David Dollar, ancien émissaire du Trésor américain en Chine, a assuré à l’Agence France Presse qu’il faut « être deux pour faire un déséquilibre » commercial.

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