La journée de dialogue entre des responsables chinois et américains s’est terminée par la publication d’un communiqué. Ces derniers s’accordent à dire qu’il est crucial pour les deux pays d’instaurer une coopération solide et une relation commerciale plus « équitable et réciproque« .

Cette première rencontre entre dans le cadre du dialogue mené par les deux précédentes administrations, rebaptisé par l’administration Trump : « Dialogue économique approfondi entre les Etats-Unis et la Chine ».

« Le dialogue ne peut pas immédiatement surmonter toutes les divergences »

Dans le communiqué, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin et le secrétaire au commerce, Wilbur Ross, ont affirmé que « la Chine reconnaissait (notre) objectif commun de réduire le déficit commercial » et que « les deux parties travailleront en coopération pour y parvenir« .

Face à l’absence d’avancées, les deux délégations ont annulé les conférences de presse prévues. « Les principes d’équilibre, d’équité et de réciprocité en matière de commerce continueront à guider la position américaine afin de donner aux travailleurs et entreprises américains l’opportunité d’entrer en concurrence sur un pied d’égalité« , a affirmé le communiqué de l’administration américaine.

Mercredi 19 juillet, lors de l’ouverture des discussions, le secrétaire américain au commerce, Wilbur Ross, a affirmé, face à la délégation chinoise présidée par le vice Premier ministre Wang Yang, qu’il était « temps de rééquilibrer notre commerce« .

Ce dernier a pointé du doigt les exportations chinoises vers les Etats-Unis, qui ont augmenté de 268% en 15 ans, créant un déficit commercial de 309 milliards de dollars (275 milliards d’euros) en 2016.

« Si ce résultat était le fruit normal des forces du libre marché, on comprendrait, mais ce n’est pas le cas« , a ajouté Wilbur Ross, assurant qu’il « est temps de rééquilibrer notre relation commerciale et nos investissements d’une façon plus juste, équitable et réciproque« .

De son côté, Wang Yang, a préconisé la coopération. « La Chine et les États-Unis sont l’un pour l’autre le premier partenaire commercial et la principale source d’investissement. La coopération est un choix réaliste pour les deux parties« , a indiqué ce dernier.

Le vice-Premier ministre a admit que « le dialogue ne peut pas immédiatement surmonter toutes les divergences; en revanche, la confrontation pourrait immédiatement porter atteinte aux intérêts des deux parties« .

L’acier, un secteur sensible

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a affirmé qu’il fallait mettre les compagnies américaines « sur un pied d’égalité » sur le marché chinois.

« Cela veut dire prendre en compte les déséquilibres causés par l’intervention de la Chine dans son économie« , a-t-il poursuivi, ajoutant qu' »une relation économique plus équilibrée apportera la prospérité aux deux pays et au monde« .

Les deux délégations ont reconnu que la question de la surcapacité de production d’acier était une question mondiale qui nécessitait une résolution globale, selon le vice-ministre chinois des Finances, Zhu Guangyao.

Ce dernier a indiqué lors d’une conférence de presse tenue à l’issue du premier Dialogue économique global (DEG) sino-américain que les deux parties avaient discuté de cette question lors de ce dialogue économique de haut niveau d’une journée.

La délégation chinoise a toutefois souligné que Beijing avait « activement agi pour réduire sa surcapacité de production d’acier« , évoquant son plan visant à réduire sa production de 100 à 150 millions de tonnes d’ici 2020.

Le vice-Premier ministre chinois a également souligné que la rencontre visait « à avoir un dialogue, pas une confrontation ». Ce dernier a souligné : « on peut penser comme un champion mais on n’a pas besoin de se vaincre l’un l’autre dans le traitement des différends », reprenant le titre d’un livre de Donald Trump « Think like a champion ».

Il a averti que « la confrontation infligerait immédiatement des dommages aux intérêts » de Beijing et Washington, et a appelé « à travailler ensemble ». De son côté, David Dollar, ancien émissaire du Trésor américain en Chine, a assuré à l’Agence France Presse qu’il faut « être deux pour faire un déséquilibre » commercial.