Le chien a un rôle significatif dans la mythologie et les légendes populaires. Membre du zodiaque, fidèle compagnon des dieux et héros légendaire, le chien symbolise la loyauté et l’exubérance.

Le chien, membre du zodiaque

Pendant des milliers d’années, un cycle de douze années nommées selon des animaux réels ou mythiques était associé au « zodiaque chinois« . Ce cycle met en relation chaque année en cours avec une créature, dans un ordre fixé de douze animaux à la suite de quoi, le cycle reprend du début avec le Rat.

Le chien est l’un des  symboles du zodiaque, correspondant au onzième « caractère horaire » (Xu) des 12 branches terrestres. Il désigne la période située entre 19 heures et 21 heures de la journée, et représente le mois d’octobre, qui marque le commencement du dépérissement des plantes.

Une légende raconte que l’ordre des animaux de ce cycle est dû à leur ordre d’arrivé dans une course, comprenant la traversée d’une rivière, appelée la Grande Course. La raison pour laquelle le Chien est arrivé à l’avant dernière place, car bien que nageur talentueux, il a une nature joueuse. Le Chien a joué tout le long du chemin, perdant ainsi du temps sur le parcours et retardant son passage de la ligne d’arrivée.

Selon les croyances populaires, les personnes nées durant  l’année du Chien sont supposées partager certains traits de caractère, comme la loyauté ou l’exubérance.

Panhu, un chien divin parmi les ancêtres

Le légendaire souverain Ku, souverain mythique de l’antiquité chinoise, l’un des Cinq empereurs, aurait possédé un chien nommé Panhu. Il l’aida à gagner une guerre en tuant le général ennemi et en lui rapportant sa tête. Le chien Panhu finit par épouser la fille de l’empereur comme récompense. Le chien emmena sa femme dans la région montagneuse du sud, où ils donnèrent naissance à de nombreux descendants.

Il y a diverses variantes à la mythologie de Panhu. Selon l’une d’elles, l’empereur avait accordé la main de sa fille comme récompense à celui qui lui rapporterait la tête du général ennemi.

Au vu des difficultés apparentes du mariage d’un chien avec une femme humaine, notamment une princesse impériale, le chien proposa de se transformer en humain, grâce à un procédé l’obligea à être séquestré sous une cloche pendant 280 jours.

Cependant, l’empereur Ku curieux, ne pu s’empêcher de soulever la cloche le 279ème jour. Le sortilège se brisa avant la transformation complète, et, bien que tout le corps se soit transformé en humain, la tête resta celle d’un chien.

Panhu a été vénéré par le peuple Yao et le peuple She, souvent appelé roi Pan, et la consommation de la viande de chien était tabou. Ce mythe ancestral a également été retrouvé parmi les peuples Miao et Li.

Une première source documentaire du mythe des origines de Pan-hu est écrite par l’auteur Gan Bao, de la Dynastie Jin (265-420). Il parle de ce mythe originel pour un groupe ethnique du sud (qui est le sud du Fleuve Yangtsé) faisant référence a un « Homme ».

Xiaotian Quan, le chien d’un dieu légendaire

Erlang Shen ou ErLang est un grand magicien doté d’immenses pouvoirs de transformation. Son front est orné de l’Oeil de la Vérité. Il est accompagné d’un chien nommé Xiaotian Quan, signifiant littéralement par « chien céleste aboyant », qui l’aide à lutte contre les mauvais esprits.

Connu dans le « Voyage vers l’Occident », c’est lui qui capture Sun Wukong, le roi des Singes, grâce à la morsure de Xiaotian Quan à la jambe. Mais la légende la plus connue est celle de la capture du dragon. Neveu de l’Empereur de Jade, il fait partie des grands héros mythologiques de la Chine. Il reçoit l’encens qui est brulé sur Terre dans sa coupe magique.

Ses talents de devin lui permettent de prévenir des inondations et de sauver la population, durant les dynasties Qin, Sui et Jin. Terrible guerrier armé de son trident magique, il aida l’armée de Zhou à défaire les Shang.

Tiangou, le « Chien céleste »

Il est, dans les légendes populaires chinoises, un animal, répertorié pour la première fois dans le Shānhaijīng, écrit entre la période des Royaumes combattants et la dynastie Han.

Les astronomes chinois des temps anciens expliquaient les éclipses de soleil et de lune par l’existence d’un Tiangou qui mangeait l’astre, car le terme « éclipse de soleil » se dit « manger le soleil » en chinois. Lorsque les éclipses de soleil se produisaient, les gens se célébraient l’évènement et tapaient sur des gongs et les tambours et faisaient exploser des pétards pour faire fuir le Tiangou.

Une légende raconte que Houyi aurait fait tomber neufs soleils excédentaires provoquant des calamités. Pour le récompenser, la Reine-mère d’Occident, Xiwangmului, lui offrit une poudre d’immortalité, qu’il devait partager avec sa femme Chang’e. Mais cette dernière la consomma tout entière et s’envola seule dans les cieux. Hēi’ěr, le chien de chasse de Houyi, qui se trouvait justement à la porte, vit cela de ses propres yeux. Il se précipita alors à l’intérieur de la maison pour lécher les restes de poudre, puis lui aussi s’envola à la poursuite de Chang’e.

Cette dernière, entendant les aboiements, se cacha en hâte derrière l’astre lunaire, mais les poils de Hēi’ěr se dressèrent et son corps s’agrandit à tel point qu’il avala la lune et Chang’e avec.

L’Empereur de jade, Yuhuang Dadi, apprit immédiatement la nouvelle de Xiawangmu. Il ordonna à l’armée du ciel d’aller arrêter Hēi’ěr, le chien noir, mais après qu’on l’eut attrapé, Xiwangmu reconnut le chien de chasse de Houyi. Elle lui donna alors le titre de Tiangou (chien du ciel) et lui offrit la garde de la porte sud du ciel. Hēi’ěr, recevant cette faveur, vomit la lune et Chang’e, mais celle-ci resta dans la lune et ne redescendit plus sur la Terre.

Une autre légende raconte comment Zhangxian décocha une flèche sur le Tiangou qui empêchait les étoiles de tomber du ciel pour se réincarner en humains. Zhangxian, en faisant fuir Tiangou, permit aux gens d’avoir des enfants..