Serge Berthier nous propose une analyse très intéressante sur la Chine, de sa pensée à ses relations avec le monde. On tombe dans un texte bien écrit qui nous pousse au questionnement, au-delà même de celles auxquelles il a répondu.

Comme l’indique le résumé de l’ouvrage, « la Chine est l’objet de tant de fantasmes économiques et culturels qu’une salutaire mise au point s’imposait ».

On peut dire que cette mise au point est de qualité, car l’auteur argumente son analyse avec des rapports d’institutions, textes de loi, articles de presse. Il décortique les stéréotypes et les analyses de certains chercheurs, considérés comme des pontes.

« S’appuyant sur une documentation solide, peu présentée par les médias occidentaux, Serge Berthier examine ces questions qui inondent les plateaux télévisés : la Chine ment-elle ? Veut-elle imposer son mode de vie ? Oppresse-t-elle sa population ? », a indiqué la maison d’édition Panthéon.

Et comme l’explique le résumé, « les réponses ne sont pas celles que nous attendons, elles peuvent étonner, voire déranger. Et c’est bien l’un des objectifs assumés de cet ouvrage qui vise à rétablir quelques vérités. Oui, présenter la Chine comme le « méchant », c’est relayer une fiction utile imaginée par des adversaires ou des concurrents de l’empire du Milieu. C’est aussi participer à un racisme étatique dirigé contre un pays que nous méconnaissons grandement ».

Découvrir la Chine, rencontrer les Chinois. C’est l’invitation que nous fait Serge Berthier dans cet essai géopolitique, où les idées préconçues des Occidentaux sur ce peuple sont désamorcées, a écrit la Maison des éditions du Pantheon.

Extrait proposé par la Maison d’édition

« La peur et l’inconnu vont de pair. Ce qu’on ne connaît pas nous inquiète. Ce que le monde nous réserve aussi. Nous sommes tous conservateurs par nature. La peur de l’autre est sans cesse présente dans tous les discours politiques car nos démocraties ne fonctionnent que sur ces deux boutons. On se fait élire parce qu’on fait moins peur que l’autre. Comment alors résister à la tentation perverse de fausser le tableau et de tromper le badaud ?
Comme il n’y a pas plus éloigné de nous que la culture et l’histoire du peuple chinois, comment s’étonner alors de voir ce grand pays, ce grand peuple être sans cesse présenté comme un danger ?
Ne serait-ce pas nos propres fantasmes que nous projetons ? »

Né en 1948, Serge Berthier a fait ses études universitaires à la Faculté de Droit et Sciences Économiques de la rue d’Assas à Paris. Envoyé comme coopérant militaire à Alger comme Administrateur civil auprès du Ministère des Transports du gouvernement algérien (1973-1974), il a ensuite été nommé chef du bureau d’études des transports au Ministère, dirigé par Rabah Bitat, pendant cinq ans.

En 1978, il rejoint la société ETPM (Entrepose-GTM pour les travaux pétroliers maritimes), il occupe le poste de Vice-Président pour l’Afrique de l’Ouest (en poste à Port-Gentil – Gabon) puis Vice-Président de la nouvelle région Far-East (en poste à Singapour en 1980).

En 1982 il est muté à Stavanger (Norvège) et devient Vice-Président de la région Europe. Quatre ans plus tard, il retourne en Asie, pour s’installer à Hong Kong et fonder une société de conseil. Il crée « La Lettre de Hong Kong et de Chine » destinée au milieu des affaires.

En 1997, il rencontre le président chinois Jiang Zemin, puis fonde la revue trimestrielle « Asian Affairs ». En 1999, la Chine souhaite créer un Davos asiatique et réunit 75 experts à Boao (Haïnan) : Serge Berthier est l’un de ces experts. En 2001, il devient l’un des membres fondateurs du Boao Forum for Asia.

En 2012, il publie « La Chine en marche : le Choc » (Mettis) :

Il y a déjà plusieurs années que l’économie de la Chine a dépassé l’économie américaine, seul le bloc euro résiste pour le moment. Mais cela ne saurait durer. Après un hiatus de deux siècles, l’Empire du milieu est donc de retour. Qu’est-ce que cela signifie ? La Chine est-elle devenue une menace ? Bien des événements se sont passés depuis que les jésuites ont découvert la Chine au XVIe siècle. Mais une chose semble ne pas avoir changé du tout : notre totale incompréhension de cet univers à qui, depuis toujours, on prête nos propres intentions hégémoniques occidentales. Quel est ce pays, comment fonctionne t-il, quels sont les ressorts de la psyché chinoise ? Tout comme nous vivons en Occident imprégnés des tabous de nos religions monothéistes, que l’on soit au demeurant croyant ou non – la société dans son ensemble n’y échappe pas – les Chinois vivent-ils imprégnés de tabous millénaires ? sont-ils si différents des nôtres ? Sont-ils incompatibles avec notre conception de la société humaine idéale ? Cet ouvrage qui s’arrête à la veille de la guerre (1840-1949) que l’Occident fit en vain à la Chine dans l’espoir de la briser est le résultat n’en est que plus riche.

Trois ans plus tard, il publie « Vivre à Hong Kong » (L’Archipel) :

Hong Kong. Environ sept millions d’habitants pour une superficie de plus de 1 100 km2. Une ville-monde, une mégapole, un monstre, un mythe qui fascine. Pour y avoir vécu de nombreuses années, Serge Berthier parvient pourtant à la démythifier et à nous la rendre accessible, voire compréhensible. Il en retrace d’abord l’histoire, celle d’un territoire au passé chaotique et mouvementé. Avec ces Chinois d’origines diverses et réputés si secrets, des liens se sont noués qui autorisent l’échange, la confiance et, sous forme de dialogues, débouchent sur des confidences instructives. Dans une approche plus intime, il propose une promenade dans les rues de la ville, ainsi que des portraits d’habitants emblématiques, auxquels il donne la parole.

son site : http://www.sergeberthier.com/