La Chine et l’Inde ont concentré en 2015 plus de la moitié des décès attribués à la pollution de l’air dans le monde, selon une étude du Health Effects Institute (HEI).

La pollution atmosphérique a provoqué plus de 4,2 millions de morts à travers le monde, soit la 5ème cause de mortalité enregistrée en 2015. Sur ces 4,2 millions de morts, près de 2,2 millions se sont produits en Chine et en Inde.

La pollution de l’air est responsable en Inde de 1,1 million de décès prématurés chaque année, un niveau égal à celui de la Chine, selon l’étude. La pollution atmosphérique est associée à des taux plus élevés de cancer, d’AVC et de maladies cardiaques ainsi qu’à des maladies respiratoires chroniques comme l’asthme.

Le nombre de morts en Chine s’est stabilisé ces dernières années, contrairement à l’Inde, où il a rapidement progressé. Ainsi, entre 1990 et 2015, l’Inde a enregistré une augmentation de près de 50% de morts liées aux particules en suspension PM2,5.

« L’Inde rattrape maintenant la Chine en nombre de morts attribuables aux PM2,5« , note l’étude du Health Effects Institute et de l’Institute for Health Metrics and Evaluation.

Le ralentissement des décès lié à la pollution de l’air en Chine s’explique par la mise en place de mesure de contrôle et de prévention, stabilisant le nombre de morts liées au « smog » depuis 2005.

En janvier 2017, une étude de l’ONG Greenpeace a montré que sur une année, la quantité de particules fines dans l’air a baissé de 7% en moyenne par rapport à 2015. Sur les 366 villes analysées par les experts de Greenpeace, 270 (74%) ne respectent pas les normes nationales pour la qualité de l’air.

« Un échec« , a estimé Dong Liansain, responsable de la campagne climat de l’ONG Greenpeace pour l’Asie du Sud-Est, auprès de Radio France Internationale. « Le gouvernement doit investir encore beaucoup pour accélérer l’amélioration de la qualité de l’air », a indiqué ce dernier.

D’ailleurs, « la nouvelle loi nationale pour la prévention et le contrôle de la pollution exige d’ailleurs que chaque ville qui ne respecte pas les normes en vigueur doive soumettre un plan précis pour fixer comment et dans quel délai elle veut garantir à ses habitants de l’air sain à respirer« .

Niveau d’alerte pollution

Dong Liansain a déploré les effets limités des alertes rouges, qui ne prévoient finalement que des mesures à court terme pour faire face à l’urgence de la situation. Ces dernières années à Beijing, « la quantité des particules fines dans l’air a baissé en moyenne de 6,6% seulement. A ce rythme, la capitale ne respectera les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé qu’en 2046 »,  a indiqué l’expert de Greenpeace.

Beijing est l’une des capitales les plus polluées du monde, pour lutter contre la pollution atmosphérique, Cai Qi, le maire de la capitale, a annoncé un vaste plan évalué à près de 2,5 milliards d’euros.

Ce dernier veut remplacer le charbon des 700 villages de l’agglomération par des énergies renouvelables, retirés ou supprimés les 300 000 véhicules polluants qui circulent quotidiennement.

Afin de réduire de manière conséquente la pollution, les usines sont appelées à l’effort. Les 2 570 usines les plus polluantes ont été sommées d’investir pour se mettre à niveau, sinon elles seront fermées. Enfin, tous ceux, particuliers et entreprises, qui déchargent massivement ou clandestinement des polluants dans la nature seront sévèrement punies.

*PM2,5 : particules d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres, qui se nichent profondément dans les poumons