Le rapport annuel de l’Institut international pour les études stratégiques (IISS) a estimé que la Chine s’arme plus vite que les autres pays, s’orientant même dans certains domaines militaires « vers une quasi parité avec l’Ouest ».

« La supériorité technologique militaire de l’Occident, qui était considérée comme acquise, est de plus en plus contestée », a expliqué aux médias, John Chipman, le directeur de l’IISS, lors de la présentation à Londres du rapport annuel sur l’équilibre des forces armées dans le monde.

En 2016, la Chine avait un budget de défense de 145 milliards de dollars (132,3 mds €), nettement loin derrière celui des Etats-Unis (604,5 milliards), mais devant la Russie (3ème budget mondial avec 58,9 milliards), l’Arabie Saoudite (56,9), le Royaume-Uni (52,5) ou encore la France (47,2).

« Dans certains domaines, notamment dans les airs, la Chine semble s’orienter vers une quasi parité avec l’Ouest« , a relevé John Chipman. Le pays investit également massivement dans les bateaux et les sous-marins.

Après avoir longtemps réalisé des répliques des programmes de l’ancienne Union soviétique ou de la Russie, Beijing possède désormais « ses propres circuits de recherche, de développement et de construction ». « Elle commence aussi à vendre ses armements à l’étranger », a insisté John Chipman.

2ème puissance militaire mondiale.

Le gouvernement s’active à rattraper son retard par rapport aux Etats-Unis. Début 2016, le président Xi jinping lançait son grand plan de modernisation et réorganisation de l’Armée Populaire de Libération, afin de gagner des guerres.

« La création d’une armée qui correspondrait  au statut  international de notre pays est un objectif stratégique. Nous devons  joindre le développement économique au développement de la défense, transformer l’armée pour la rendre moderne et standardisée (…) Nous devons promouvoir les réformes dans le domaine militaire afin de créer une armée disciplinée et capable de remporter les victoires », a annoncé le chef de l’Etat lors d’une réunion à l’occasion du 95e anniversaire du PCC.

En septembre 2015, Xi Jinping, également chef des armées, annonçait la suppression de près de 300 000 postes, sur un effectif militaire de 2,3 millions. Selon la ligne directrice de la réforme militaire, l’Etat souhaite enregistrer des progrès et réaliser des résultats concrets, avant 2020, dans l’administration militaire et le commandement opérationnel conjoint, dans l’optimisation de la structure militaire et la construction d’une armée moderne aux caractéristiques chinoises.

A terme, Beijing veut devenir la première force mondiale à l’horizon de 2049, année du centenaire de la création de la République Populaire de Chine par Mao Zedong.

Une industrie militaire en plein essor

Missile DF-41 présenté lors de l’anniversaire de la RPC à Tian an men

D’ailleurs, neuf sociétés de l’industrie militaire figurent parmi les 100 premiers conglomérats mondiaux du secteur, et deux d’entre eux – AVIC dans l’aéronautique et NORINCO dans les systèmes terrestres, parmi les 10 premiers, selon le SIPRI (Institut international de recherche sur la paix de Stockholm).

Dans un tel contexte, certains experts estiment que les dépenses militaires du pays devraient atteindre 233 milliards de dollars en 2020, contre 123 milliards en 2010, d’après la revue spécialisée « Jane’s ».

La réforme militaire concerne également les systèmes militaires. Le pays perfectionne sa force de frappe nucléaire avec 260 à 300 ogives déployées, des missiles sont développés : comme le DF-26, missile balistique de portée intermédiaire d’une grande précision ; la douzaine de missiles DF-21 D devenu un « atout décisif » dans d’éventuels conflits futurs.

Pour James Char, analyste de la Nanyang University à Singapour, ces missiles « servent de moyen de dissuasion, obligeant les pays rivaux à y réfléchir à deux fois avant de déployer des porte-avions contre la Chine ».

D’ailleurs, la marine s’est considérablement développée, avec plus de 300 navires de surface, sous-marins, navires amphibies et patrouilleurs, se plaçant désormais comme la première force navale de la région. Son premier porte-avions, le « Liaoning », n’a pas encore une forte mais cela devrait être rapidement corrigé.