En deux ans, le pays a perdu 2’998 milliards de dollars fin janvier, soit 2’737 milliards d’euros, de réserves de devises. Bien que le niveau reste assez élevé, cette chute suscite de vives inquiétudes sur sa politique financière.

Beijing détient le stock le plus colossale du monde, avec 3’000 milliards de dollars (2’739 mds €), même si les autorités bancaires ne dévoilent pas leur composition. Mais selon les estimations du cabinet chinois CICC, citées par l’Agence France Presse, 66,7% des réserves sont composées de dollars, près de 20% en euros et quelque 10% en livres sterling.

Ces réserves sont cruciales pour Beijing, tant sur le plan économique et commercial que diplomatique. En effet, les réserves de devises sont largement composées de bons du Trésor américains, faisant de la Chine l’un des principaux détenteur de la dette américaine. Une situation aujourd’hui contestée par la nouvelle administration de Donald Trump, qui veut rapidement réduire cet écart et surtout sortir de la dépendance de son pays à la Chine.

Toutefois, la Chine a vendu près de 130 milliards de dollars (118,7 mds €)de titres américains en 6 mois, possédant aujourd’hui 1’120 milliards de dollars (1’022, 56 mds €) de la dette américaine.

Mais le ralentissement économique et l’affaiblissement du yuan depuis août 2015 ont poussé investisseurs et entreprises à transférer leur argent hors de Chine, vers des placements jugés plus sûrs et rémunérateurs. Cette fuite de capitaux, évaluée à 1’000 milliards de dollars (913 mds €) pour 2015 et 700 milliards en 2016 (639,1 mds €), ont fait chuté le yuan  de 7% face au dollar l’an dernier.

Face à cette hémorragie, le gouvernement a plafonné les retraits et décidé de surveiller le rachat d’entreprise à l’étranger. Mais surtout la Banque Populaire de Chine a racheté massivement des yuans, pour stabiliser le cours de la monnaie.

Mais le Fonds monétaire international recommande à la Chine de conserver au moins 2’600 milliards de dollars (2’373,8 mds) de réserve pour assurer ses capacités de paiement, et rassurer les investisseurs et entreprises. Mais les experts estiment que la fuite des capitaux va obliger le gouvernement à utiliser ses réserves, qui « pourraient fondre de 450 milliards de dollars (410,8 mds €) en 2017« , selon Louis Kuijs, d’Oxford Economics.