Le 16 juillet 2001, les présidents russe Vladimir Poutine et chinois, Jiang Zemin (en visite en Russie) signent, à Moscou, un Traité de bon voisinage, d’amitié et de coopération, pour 20 ans. Ce texte est le premier du genre depuis l’accord signé par Staline et Mao en février 1950, instaurant une alliance militaire.

Le texte est  ratifié par le comité permanent de l’Assemblée populaire de Chine, le 28 octobre, et la Douma russe, le 26 décembre 2001. Le traité entre en vigueur après l’échange des ratifications le 28 février 2002. Son objectif est de permettre le développement de relations de voisinage stable sur le long  terme  et  une  amitié  entre  les  deux  pays,  sur  la  base  d’une  coopération mutuellement bénéfique.

Cette coopération doit être « stable et ininterrompue« , pour cela, les deux pays se sont engagés « à ne rentrer dans aucune alliance ou conflit dirigé contre un pays tiers« , d’après  Zhang  Deguang, dans « Broad prospects for Chinese-Russian  relations » (Far Eastern Affairs).

Considéré comme « un document directeur du développement des relations sino-russe« , il met en exergue la volonté de Moscou et Beijing de faire face à l’influence croissante des Etats-Unis. Ainsi, le traité prévoit la résolution des différends bilatéraux par des moyens exclusivement pacifiques, et le développement de la coopération économique et militaro-technique.

Ainsi, les deux pays se sont imposés le respect stricte des principes et stipulations du traité, la prise de mesures nécessaires à son application, mais aussi « d’appliquer et de concrétiser le traité et tous les accords de coopération conclus, et d’enrichir toujours de nouveauté le partenariat de coopération stratégique ». Il est prévu une aide mutuelle vis-à-vis des problèmes relatifs à l’unité, à la souveraineté et à l’intégrité territoire de l’Etat.

Selon la déclaration commune signée le 14 octobre 2004 à Beijing, par le Président de la République de Russie, Vladimir Poutine, et le Président de la République Populaire de Chine, Hu Jintao, les deux pays vont « accroître la confiance mutuelle, approfondir la coopération économique, intensifier la coopération humanitaire et les échanges sociaux, multiplier les concertations et coordinations dans les affaires internationales, et tout cela constitue les contenus importants du partenariat de coopération stratégique sino-russe ».

Vladimir Poutine a indiqué que « sa position de principe au sujet de Taïwan et du Tibet », à savoir « reconnaître une seule Chine dans le monde, le gouvernement de la République populaire de Chine est le seul gouvernement légitime représentant la Chine entière et Taiwan est une partie inaliénable de la Chine ».

« La Russie s’oppose à toutes les formes d’indépendance de Taiwan, s’oppose à l’adhésion de Taiwan à l’ONU et à sa participation aux organisations internationales composées seulement des Etats souverains, ne vend pas les armes à Taïwan » a précisé le président russe, ajoutant que « la Russie reconnaît le Tibet comme une partie inséparable de la Chine ».

De son côté, la Chine soutient la Russie dans « tous ses efforts pour sauvegarder l’unité nationale, combattre les forces terroristes et séparatistes de Tchétchénie ».

Les deux parties coordonnent « à temps leurs positions sur les problèmes bilatéraux et internationaux d’importance majeure, de coopérer étroitement et faire face aux défis de l’époque », note le traité.

Enfin, la Chine et la Russie poursuivent « leurs efforts pour perfectionner et développer tout le mécanisme de coopération, assurer un développement incessant de la coopération des deux pays dans les domaines politique, économique, scientifique et commercial, humanitaire et international etc. »  

Retrouvez la déclaration commune datée du 14 octobre 2004, détaillant une partie du Traité de bon voisinage, d’amitié et de coopération.