Une grande partie des cas d’agressions sexuelles n’est pas signalée à la police, et lorsque l’affaire arrive devant un juge, la majorité des accusés sont acquittés. Le peu de cas traités par les fondations montrent qu’il est difficile pour les mineurs de porter plainte et surtout de voir leurs agresseurs condamnés.

expo maladie mentaleD’après les travailleurs sociaux interrogés le 23 juin par le magazine Caixin, les adolescents qui parviennent à raconter ce qui leur est arrivé, se retrouvent dans « une impasse« , en raison du peu de soutien juridique, psychologique et financier. D’ailleurs, « le sujet lui-même est largement tabou, même dans les écoles ».

Le magazine Caixin a déniché 35 cas d’agressions sexuelles sur mineur sur 136 affaires criminelles rendues public par les tribunaux et les bureaux du procureur à travers le pays, entre janvier et mai 2016. D’après la Fondation du Soleil, plus de 70% des accusateurs, ont été acquitté par la justice en 2015,

Cela explique pourquoi « de nombreux cas d’agression sexuelle ne sont pas signalées« , a expliqué Sun Xuemei, directrice d’un programme d’aide pour les jeunes filles, au sein de la Fondation d’art et de culture chinoise pour enfant. D’autant plus que « le public n’a aucun moyen de savoir à quel point le problème est grave« , a indiqué la jeune femme.

Les chiffres actuels reflètent seulement « la pointe de l’iceberg » des agressions sexuelles sur des mineurs, a déploré Sun Xuemei. Les analyses faites par Wang Dawei, professeur de criminologie de l’Université du Peuple à Beijing, étayent les propos des travailleurs sociaux. En effet, 7 cas d’abus sexuels – impliquant des adolescents – sur 8 ne sont pas signalés en Chine.

Dans la plupart des cas, l’abus a eu lieu durant plusieurs années avant d’être dénoncé. Sur les 35 cas trouvés, dans 22 d’entre eux, les adolescents étaient victimes de proches, comme des parents, enseignants et voisins.

Enfant retrouvé par la police

Les agressions sexuelles contre des garçons, la Fondation du Soleil en a géré environ 6% en 2015

D’ailleurs, la Fondation d’art et de culture chinoise pour enfant a recensé que sur 300 cas d’abus sexuels sur mineurs signalés en 2015, 70% des victimes ont été agressés par la famille.

Généralement, les enfants pensent qu’il ne faut pas blâmer l’agresseur, d’autant plus si il fait partie de la famille. D’autres estiment qu’ils ont mérité de tels abus.

Les enfants dans les régions rurales représentaient 23% des 220 dossiers d’agressions sexuelles impliquant des mineurs gérés par la Fondation du Soleil. Cette dernière assure que la sensibilisation n’est pas différente en ville, cependant, le signalement d’abus sexuels ne se fait pas en raison du manque de soutien  de la part de la famille, de l’école et de la communauté.

Concernant, les agressions sexuelles contre des garçons, la Fondation du Soleil en a géré environ 6% en 2015. Un chiffre assez faible, en dépit des modifications du gouvernement sur la loi sur les agressions sexuelles.

Auparavant, les hommes ne pouvaient pas compter sur la loi pour porter plainte, car le terme « autres », stipulait dans la loi concernait exclusivement les « femmes ». Depuis août 2015, il est indiqué « hommes ou femmes » dans la loi, permettant aux garçons et hommes de porter plainte et d’être protéger par la loi.