Malgré les échanges entre les délégations chinoises et taïwanaises de vendredi, le gouvernement a annoncé ce samedi 25 juin l’arrêt du mécanisme de communication avec la République de Chine, suite au refus du nouveau gouvernement de Tsai Ing-wen de reconnaître le principe d' »une seule Chine« .

Cette annonce survient après la rencontre, le 24 juin suite au salon entre Taïwan et le Hebei, organisé à Shijiazhuang, entre Zhang Zhijun, responsable des affaires de Taïwan de la partie continentale de la Chine et Lin Ming-chen, chef du district de Nantou, à la tête d’une délégation de Taïwan.

Ce dernier avait déclaré que « l’essentiel pour assurer le développement pacifique des relations entre les deux rives du détroit est le Consensus de 1992 et le concept d’Une seule Chine ». Il avait d’ailleurs affirmé que « nous continuerons à promouvoir les échanges non gouvernementaux et la coopération sur tous les fronts, et à travailler pour bénéficier aux habitants des deux rives ».

Tsai Ing-wen maintient sa ligne politique

Mais après 8 années de rapprochement et des communications régulières engagées en grande partie par l’ancien président Ma Ying-jeou, « le mécanisme de communication bilatéral a été suspendu », a expliqué à l’Agence France Presse, un porte-parole chinois de l’Office des affaires de Taïwan (OAT).

A plusieurs reprises depuis l’annonce de la victoire de Tsai Ing-wen du Parti Démocrate Progressiste à l’élection présidence de janvier 2016, les autorités chinoises ont rappelé les principes établies entre les deux parties du détroit.

Cependant, lors de son intronisation en mai dernier, la nouvelle présidente n’a jamais fait part de son adhésion au Consensus de 1992, qui établit les relations entre les deux entités.

Cette dernière avait évoqué le maintient du statu quo entre la Chine et Taïwan, mettant l’accent sur la préservation de la paix et du rôle que Taïwan pouvait y jouer à la fois envers Beijing et dans la région. Tsai Ing-wen a préféré évoquer « une République de Taïwan souveraine et indépendante ».

Beijing veut le respect du Consensus de 1992

An Fengshan, porte-parole du Bureau des affaires de Taiwan du Conseil des Affaires d’Etat, a expliqué que la partie taïwanaise « n’a pas reconnu le Consensus de 1992, cette base politique commune pour montrer le principe d’une seule Chine, le mécanisme de contact et de communication du détroit de Taiwan a déjà arrêté ».

D’après l’agence de presse Reuters, l’annonce est survenue suite à la colère de Taipei, qui a considéré l’expulsion du Cambodge de 25 ressortissants taïwanais comme un enlèvement de la part des autorités chinoises. Taipei a accusé Beijing a également évoquéles cas de ressortissants taïwanais arrêtés par la police chinoise et extradé du Kenya et de la Malaisie vers la Chine.

Le Conseil taïwanais des Affaires du continent, l’institution gérant la communication avec Beijing, n’a pas confirmé que les contacts étaient gelés. « Le gouvernement laisse la porte ouverte à des communications et met tout en œuvre pour garantir la poursuite de ce mécanisme », ont indiqué les responsables.

Le mécanisme de communication a été instauré par le président Ma Ying-jeou, lors de sa prise de fonction en 2008, permettant la signature de plusieurs accords économiques et commerciaux. Bien que Taïwan, porte le nom officiel de « République de Chine », l’île possède son propre gouvernement depuis la fin de la guerre civile chinoise de 1949, et n’a jamais formellement déclaré son indépendance. Pour Beijing, Formose fait partie intégrante de la Chine.