Les exportations et importations ont dégringolé en juin, et continuent de s’essouffler face à la baisse de la demande chinoise, bien que la consommation intérieure devrait se relancer. Le Brexit pourrait avoir des conséquences plus lourdes que prévues pour la Chine.

Dégringolade des exportations

La Chine, 1ère puissance commerciale au mode, a vu ses exportations diminuer de 4,8% sur un an en juin, à 180,4 milliards de dollars (157 milliards d’euros), ont indiqué les douanes chinoises.

Président de la Commission européenne, Jean-Claude Junker et le Premier ministre, Li Keqiang, juillet 2016 à Beijing

Président de la Commission européenne, Jean-Claude Junker et le Premier ministre, Li Keqiang, juillet 2016 à Beijing

Un taux relativement bas, comparé aux estimations de -5% des analystes de Bloomberg.  De leurs côtés, les économistes interrogés par Reuters anticipaient une contraction de 4,1%, comme en mai.

Les exportations, moteur traditionnel de la croissance du pays, avaient déjà diminué en avril 1,8% et chuté de plus de 4% en mai. Elles n’ont pas pu s’appuyer sur la dépréciation de 8% du yuan face au dollar depuis un an, selon la banque ANZ.

« L’économie chinoise tient debout, mais les pressions à la baisse persistent. Les coûts des entreprises restent élevés, certains secteurs se délocalisent à l’étranger, les commandes partent ailleurs« , a expliqué le porte-parole des douanes, Huang Songping.

En effet, les exportations vers les Etats-Unis, principal débouché extérieur des produits chinois, ont chuté de 9,9% au 1er semestre, et celles vers l’Union européenne, 2nd marché de la Chine, de 4,4%.

Le Brexit au centre des inquiétudes

De plus, « l’environnement est plein d’incertitudes à même de plomber nos exportations » et « l’économie mondiale reste confrontée à bien des incertitudes », a indiqué Huang Songping.

Le président Xi Jinping et David Cameroun, Premier ministre, à Londres en octobre 2015

Le président chinois Xi Jinping et David Cameroun, Premier ministre britannique

« Citons le Brexit, les anticipations d’une hausse des taux par la Réserve fédérale, des marchés financiers internationaux instables, la situation géopolitique, la menace du terrorisme (…) tout cela pèsera sur la confiance du consommateur et des investisseurs au niveau mondial et freinera le commerce international« , a-t-il ajouté.

Pour  Yue Su, expert du cabinet The Economist Intelligence Unit, « les perspectives pour le secteur exportateur chinois sont sombres. Et l’incertitude générée par le Brexit pourrait miner la demande européenne ».

D’autant plus que l’UE, en incluant le Royaume-Uni, représente environ 16% du total des importations chinoises. L’UE est le 1er partenaire commercial de la Chine, et les accords signés entre Londres et Beijing, séparément du cadre européen, ne devraient pas porter leur fruit d’ici peu.

« Le Brexit va probablement assombrir le commerce chinois, comme l’avait fait en 2011-2012 la crise des dettes européennes« , a indiqué à l’AFP, Raymond Yeung, analyste de ANZ.

De son côté, Jean-Claude Junker, présent au 18ème sommet Chine-UE a tenu à rassuré et réaffirmé que « l’Europe à 27 restera le principal marché mondial ». Cependant, les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Ralentissement de la demande chinoise

Concernant les importations du pays pour juin, elle ont chuté de 8,4% sur un an en juin, à 132,2 milliards de dollars (115,014 milliards d’euros).

Les économistes de Reuters anticipaient une diminution des importations de 5,0%, après un recul de 0,4% en mai, le plus faible depuis la fin 2014, confirmant une aggravation de la demande chinoise.

Binhai News Area Tianjin avant explosions 082015En effet, les douanes ont indiqué que le recul des importations s’explique par la dépréciation des cours de certaines matières premières, tandis que « les volumes importés de minerai de fer, pétrole brut et cuivre continuent néanmoins de progresser » fortement.

De plus, la demande chinoise de pétrole a grimpé de 14% sur un an sur l’ensemble du 1er semestre, dopée par des prix bas. Cependant, « on peut soupçonner que la constitution de stocks de matières premières explique en partie la robustesse des (volumes) importés », plutôt qu’une relance de l’activité, a souligné à l’AFP, Daniel Martin, expert de Capital Economics.

Bien que « la dynamique des importations ne s’améliore guère », « la demande intérieure pourrait se conforter dans les prochains mois », a expliqué Louis Kuijs, expert de Oxford Economics.

L’excédent commercial de la Chine ressort à 48,11 milliards de dollars (41,85 milliards d’euros) en juin après 49,98 milliards en mai (43,48 milliards d’euros), dépassant les estimations de l’agence britannique, Reuters, d’un excédent de 46,64 milliards de dollars (41 milliards d’euros).