Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a déclaré ce mercredi 13 juillet que l’Union européenne utilisera tous les moyens à sa disposition pour endiguer le déferlement d’acier chinois, selon l’Agence France Presse.

Cette déclaration explique pourquoi l’UE a refusé le statut d’économie de marché à la Chine, conformément à l’accord d’adhésion de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001.

D’ailleurs, le président de la CE a souligné qu’il y avait un « lien clair entre la réduction des surcapacités chinoises dans l’acier et l’octroi à la Chine du statut d’économie de marché ».

La Chine produit la moitié de l’acier mondial. Elle est accusée d’écouler à l’étranger sa production à bas coûts, en raison de la surcapacité de ses industries, et de fait, la Chine va contre les accords commerciaux.

Président de la Commission européenne, Jean-Claude Junker et le Premier ministre, Li Keqiang

Président de la Commission européenne, Jean-Claude Junker et le Premier ministre, Li Keqiang

« L’UE va défendre son industrie de l’acier. Nous ne sommes pas sans défense, et nous utiliserons tous les moyens à notre disposition« , a assuré Jean-Claude Juncker, à Beijing.

De son côté, Beijing exige de l’UE qu’elle lui accorde d’ici à la fin de l’année ce statut. Pour les européens, ce statut pourrait entraîner une forte baisse des droits de douane, ouvrir davantage les portes aux produits chinois et menacer l’emploi en Union Européenne.

Jean-Claude Juncker a indiqué que « l’UE n’avait pas encore pris sa décision sur le sujet, mais devrait la prendre après une évaluation des répercussions ». En effet, les exportations d’acier chinois vers l’UE ont bondi de 28% lors du 1er trimestre 2016, alors que les prix ont chuté de plus de 30%.

Le président de la Commission européenne s’est exprimait lors du 18ème sommet UE-Chine, au cours duquel les responsables politique ont échangé sur la coopération et le renforcement de la communication et de la coordination dans les affaires internationales et régionales, a indiqué Xinhua.

Jean-Claude Junker a salué une nouvelle ère pour les relations bilatérales, mais la place de l’acier dans le monde est une question cruciale. D’autant plus que l’UE est la 2nde productrice mondiale d’acier.

Les autorités européennes ont lancé une enquête anti-dumping sur l’acier chinois, tandis que les sidérurgistes européens veulent un durcissement des tarifs douaniers, comme ceux pratiqués aux Etats-Unis. De son côté, Beijing a lancé un recours à l’OMC contre Washington, qui a imposé des taxes antidumping sur des feuilles d’acier inoxydables en provenance de Chine.

Lors du sommet, le Premier ministre, Li Keqiang, a défendu son gouvernement, assurant que les surcapacités et l’effondrement des prix n’ont pas été déclenchés par un pays précis. « Cette situation exige de nous aider les uns les autres », a indiqué ce dernier.