La consommation totale d’énergie a augmenté de 1,4% en 2016, atteignant 4,36 milliards de tonnes équivalent charbon, selon les chiffres préliminaires publiés par le Bureau national de la statistique.

Globalement, la production d’énergie a baissé de 4,2% par rapport à 2015, à 3,49 milliards de tonnes équivalent charbon, précise le bureau dans son bulletin annuel. Et la part du charbon dans la consommation totale d’énergie a représenté 62% en 2016, contre 64% en 2015, soit une baisse de 2 points.

Interrogé par Reuters, Greenpeace a indiqué que les émissions chinoises de dioxyde de carbone (CO2) ont été stables l’année dernière, en raison d’une baisse de 1,3% de la consommation de charbon.

En effet, la consommation de charbon a continué de baisser de 4,7% en 2016, pour la troisième année consécutive. Il s’agit là de la plus forte baisse d’une année sur l’autre depuis 2014 (-2,9% en 2014 et -3,7% en 2015).

En parallèle, la capacité solaire et éolienne a considérablement augmenté de 81,6% à 77GW en 2016 pour le premier, et de 13,2% à 149GW pour le second. Mais la réduction des énergies renouvelables reste élevée, car l’électricité renouvelable n’atteint pas le réseau. Au total, 57,1 TWh générés par l’énergie éolienne et solaire ont été gaspillés l’an dernier, ce qui équivaut à la production annuelle totale du Danemark et de l’Irlande en 2015.

Pour Xu Zhaoyuan, chef de la division de recherche du département d’économie industrielle, au Centre de recherche pour le développement du gouvernement chinois, la consommation de charbon ne va pas « rebondir dans les prochaines années », mais « restera stable ou diminuera lentement. Cela s’explique par le fait que les investissements dans les industries à forte intensité énergétique diminuent de façon significative et qu’il est peu probable qu’ils se redressent ».

De son côté, Greenpeace a expliqué que « la Chine semble pratiquement certaine de dépasser ses objectifs 2020 en matière de lutte contre le changement climatique si le rapide basculement vers une énergie propre au détriment d’une sur-dépendance aux industries polluantes se poursuit ».

Ce qui semble certain pour Xu Zhaoyuan, qui a indiqué que « l’économie chinoise est entrée dans une phase de croissance modérée, la demande énergétique globale n’ayant vraisemblablement pas à augmenter encore une fois. En outre, l’énergie propre continuera de croître rapidement dans les années à venir, et les industries à forte intensité énergétique continueront de diminuer en raison des contraintes liées aux ressources et à l’environnement« .

Le gouvernement a mit en place une série de mesures visant à normaliser et améliorer l’efficacité énergétique de son industrie, afin de réduire sa pollution et ses émissions de dioxyde de carbone.  En 2016, les autorités ont largement dépassé leur objectif d’une réduction des capacités de production de 250 millions de tonnes de charbon et 45 millions de tonnes d’acier en 2016.

Lin Boqiang, de l’institut chinois d’études sur la politique énergétique de l’Université de Xiamen, a indiqué que « la diminution de la consommation de charbon de la Chine en 2016 est le résultat d’un changement de structure économique et d’une augmentation de l’énergie propre ».

« En tout cas, le système énergétique de la Chine continuera à se dé-carboniser et la part du charbon dans le mix énergétique va diminuer » a-t-il assuré.