Tribune de Moussa Sanou, président de l’Association Les amis de la République populaire de Chine au Burkina Faso.

Notre pays, le Burkina Faso appauvri et asservi par l’impérialisme international, est un Etat “indépendant” mais non souverain. Comment briser les chaînes de l’esclavage moderne ? Comment se libérer et construire un pays souverain ? Aujourd’hui, avec la mondialisation de l’économie, la révolution des nouvelles technologies, le mélange des cultures, la réductions des distances, la quasi caducité des frontières, toute échappée solitaire, ’’indépendante’’ est devenue aléatoire, voire illusoire.

Conférence de présentation de l’Association Les amis de la RPC au Burkina Faso

Certes, la volonté politique des pays est indispensable, mais tout aussi incontournable est l’alchimie des alliances. Au point qu’on pourrait affirmer : « Dis-moi qui sont tes alliés et je te dirai si tu as des chances de t’en sortir ! » Plus le Burkina Faso est vulnérable, plus se vérifiera cette affirmation.

Si la stabilité politique est un facteur majeur qui ne devrait pas être absent de l’échiquier politique burkinabé, il convient aussi de dresser le constat d’échec de notre alliance asphyxiante avec la Chine Taiwan. Nous pourrions oser regarder ailleurs en direction des pays émergents comme la République populaire de Chine.

En 2018, l’économie chinoise continuera à être un moteur pour la reprise et le développement de l’économie mondiale entre autres pour affaiblir le vivier qui alimente l’hégémonie des forces prônant l’existence d’un monde unipolaire. La République populaire de Chine propose plutôt une coopération internationale de type gagnant-gagnant, dont les résultats sont rapidement palpables Les retombées positives obtenues, par exemple, avec l’Ile Maurice, l’Éthiopie, le Zimbabwe, le Sénégal en sont la preuve.

Unique, incontournable et légitime préalable posé par la République populaire de Chine en amont de toute coopération bilatérale : la reconnaissance d’une Chine unique au niveau diplomatique. Les Etats Unis, le Canada, la France – entre autres pour les pays du Nord – l’Ile Maurice, l’Ethiopie ,la Zambie… et tout récemment Sao Tome y Principe -pour les pays du Sud – ont depuis de nombreuses années souscrit à ce principe. Pourquoi, le Burkina Faso se prive-t-elle d’une alliance qui lui serait, comme dans le cas de la côte d’Ivoire mais en beaucoup plus grand, vraiment bénéfique ?

L’établissement de relations diplomatiques avec la République populaire de Chine devrait figurer au programme de tout responsable politique burkinabé soucieux de sortir le Burkina Faso du bourbier économique et social dans lequel il patauge depuis plusieurs décennies. Briguer l’exercice du pouvoir, c’est s’engager à faire des choix libérateurs pour le pays et ses habitants qui méritent bien de vivre dans un pays qui aura les moyens de garantir le droit au travail, à la santé, à l’éducation, à la justice…pour tous.

Autant de droits fondamentaux qui ne pourront être atteints qu’à partir d’un vrai programme de développement durable. Un tel développement durable ne saurait être l’addition d’expériences communautaires avec financement d’ONG internationales et nationales travaillant sur les situations d’urgence dans le cadre d’un Etat vidé de sa substance régalienne. Entre les perfusions urgentistes de l’aide internationale classique d’un côté, et de l’autre un important apport de capitaux accompagné d’un transfert efficace de technologies capables de nous faire franchir le fossé de la misère dégradante et crasseuse vers une pauvreté digne avec certitude de progrès continus, le choix qui s’impose paraît évident.

Nous respectons et apprécions nos vieux amis de l’Occident ainsi que Taiwan mais nous aspirons a nous faire de nouveaux amis et notre choix s’est porté sur la Chine Populaire.

Nous, burkinabé, devons enfin nous engager dans des alliances et coopérations bénéfiques pour notre pays.

Il nous semble que tous les burkinabé de bonne volonté, et leurs vrais amis, devraient comprendre la nécessité et l’urgence pour le Burkina d’établir des relations diplomatiques avec la République Populaire de Chine, comme vient de le faire la République de Sao Tomé et Principe. Il faut aussi comprendre la nécessité et l’urgence de convaincre les acteurs politiques burkinabé de la pertinence de ce choix. Nous pourrons ainsi bénéficier des retombées positives que ce choix ne manquera pas d’entraîner en termes de coopération gagnant-gagnant entre le Burkina Faso et la Chine Populaire.

La balle est donc dans le camp burkinabé ! Et c’est une urgence absolue ! Il s’agit d’une condition nécessaire, un préalable à la sortie de l’impasse séculaire où le Burkina Faso est enfermée !

Moussa Sanou, président de l’Association Les amis de la République populaire de Chine au Burkina Faso.

 

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