Une entreprise vient de lancer une application destinée aux « Dama », femmes âgées qui dansent dans la rue. L’objectif est de coordonner les séances, d’apprendre la danse, et partager leur passion.

Depuis plusieurs années, des millions de femmes âgées dansent au crépuscule ou à l’aube, afin de faire de l’exercice, mais aussi de papoter et de rencontrer des amis et d’autres personnes âgées. Cette pratique, devenue très populaire, a même battu un record du monde en 2014, lorsque plus de 25’000 danseurs se sont réunis à Hangzhou.

Spectacle familier dans toute la Chine, femmes et hommes d’un âge avancé aiment danser dans les espaces publics, tels que le Palais d’été à Beijing, les jardins devant les immeubles, sur les petites places, dans les jardins publics, … partout où il est possible d’écouter de la musique et de danser librement.

Selon les estimations gouvernementales, près de 100 millions de personnes dansent dans les lieux publics. Une aubaine pour certaines entreprises, dont l’application « Tangdou Guangchangwu » (danse sur la place). Cette dernière a reçu 15 millions de dollars (13,5 millions d’euros) pour développer son application.

Celle-ci propose des vidéos d’enseignement de danse pour les débutants. Une retransmission en direct et une plate-forme de communication sont également mis en place pour permettre aux Damas de coordonner les lieux et le temps.

Passionnées, les Dama peuvent dépenser des sommes considérables pour des vêtements de danse, les radios,  ou du matériel d’enseignement, selon les statistiques d’Alibaba.

Cependant, face au mécontentement grandissant des voisins et passants, l’Administration générale du sport et le ministère de la Culture ont présenté en mars 2015 une nouvelle politique en matière de danse de rue.

Ainsi, le règlement autorise 12 mouvements de danse et précise également les heures où ces pratiques peuvent avoir lieu et à quel niveau sonore. Mais face à ces restrictions de nombreuses danseuses ont élevé la voix et refusé d’accepter ce règlement, jugé absurde.

Tous se sont accordés à continuer de danser comme bon leur semble. Le gouvernement a alors décidé de faire machine arrière et de laisser ces dames danser quand elles le souhaitent.

D’ailleurs en avril 2015, le Bureau national des sports (BNS) a annoncé la diffusion de 12 danses publiques officielles conçues et recommandés par des experts. D’après le bureau, ces 12 chorégraphies sont faites de manière scientifique.

Selon Wen Wen, vice responsable du service de la presse du BNS, « la danse publique est devenue l’une des activités sportives les plus pratiquée en Chine. On en trouve dans quasiment tous les parcs des villes chinoises et elle fait même partie des programmes du gala de la Fête du printemps ».

La création de ces 12 danses « montre que le gouvernement souhaite soutenir le développement de cette activité. Par ailleurs, il encourage la population a créer d’autres danses en lançant un concours national », précise Wen Wen.

La note vocabulaire :

  • 广场 舞 : ɡuǎnɡchǎnɡwǔ : danse sur la place publique
  • 大妈 : dama : tante/grand-mère