Des experts des Nations Unies des Droits de l’Homme ont déclaré à la Chine que la loi sur la sécurité nationale  adoptée pour Hong Kong remettait en cause les libertés actées dans la Loi fondamentale, issue de la rétrocession de 1997.

Des experts onusiens ont indiqué que cette loi sur la sécurité nationale « empiète sur certains droits fondamentaux » et ont exprimé leurs inquiétudes sur un possible recours à  cette loi pour traduire devant la justice des activistes politiques de Hong Kong, Taïwan, et de Chine.

Une lettre conjointe a été rendue publique ce 4 septembre, deux jours après avoir été transmise au gouvernement chinois. Les experts ont assuré que des dispositions de la nouvelle loi pour la sécurité nationale à Hong Kong semblaient nuire à l’indépendance des juges et des avocats et à la liberté d’expression dans la région administrative spéciale.

Cette lettre ouverte de 14 pages est publiée sur le site du Bureau des Droits de l’Homme des Nations Unies, par sept experts. Ces derniers mettent en évidence une analyse juridique détaillée de la loi adoptée fin juin par la Chine pour Hong Kong. Le projet de cette loi avait été critiqué par les Nations Unies.

Trois jours après l’application de la loi à Hong Kong, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) s’est dit inquiet de la définition «vague et excessivement large» des infractions contenues dans la loi sur la sécurité nationale qui s’applique à Hong Kong et «alarmé» par les arrestations qui y sont menées depuis son entrée en vigueur le 1er juillet.

«Nous craignons que la définition de certaines des infractions contenues dans la loi soit vague et trop large», avait relevé le porte-parole, soulignant que «cela peut conduire à une interprétation et une application discriminatoires ou arbitraires de la loi». Une situation, qui selon lui, pourrait «nuire à la protection des droits de l’homme» à Hong Kong.

D’ailleurs, les experts écrivent que la loi punit tout ce que la Chine considère comme des activités subversives, sécessionnistes, terroristes ou d’ingérence avec des puissances étrangères, et prévoit des peines allant jusqu’à la prison à perpétuité.

Selon la cheffe de l’exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, la loi retient le principe de la présomption d’innocence et ne sera pas rétroactive, sauf dans certains cas exceptionnels.

Les autorités veilleront à ce que le principe d’«un pays, deux systèmes» ne soit pas remis en cause, avait assuré cette dernière. Les détracteurs de cette loi dénoncent la répression des libertés promises au territoire lors de sa rétrocession en Chine en 1997.