Meng Hongwei, 64 ans, n’a plus donné de ses nouvelles depuis le 25 septembre selon son épouse, qui a fait part à la police lyonnaise de la «disparition inquiétante» de son mari.

Selon plusieurs sources, Meng Hongwei avait rejoint la Chine en avion depuis Stockholm. Le parquet de Lyon a ouvert une enquête, confiée à la police judiciaire, un dispositif étant également mis en place pour « garantir la sécurité » de l’épouse de Meng Hongwei, Grace Hongwei.

Cette dernière a en effet indiqué «avoir récemment reçu des menaces via les réseaux sociaux et par téléphone», a indiqué le 5 octobre le ministère français de l’Intérieur.  La France a fait part de son «interrogation» sur la situation du patron d’Interpole, se disant «préoccupée» par les menaces reçues par son épouse.

Le 6 octobre, Interpol a demandé aux autorités chinoises de clarifier la situation de son président Meng Hongwei, porté disparu depuis son départ pour son pays fin septembre. Dans un communiqué, Jürgen Stock, secrétaire général de l’organisation de coopération policière internationale, basée à Lyon, dit attendre «une réponse officielle des autorités chinoises quant aux inquiétudes sur le sort du président» chinois d’Interpol.

Le 7 octobre, Interpol a annoncé la démission de son président chinois Meng Hongwei, peu après l’annonce du gouvernement chinois qu’il faisait l’objet d’une enquête dans son pays, soupçonné d’avoir «violé la loi».

«Le secrétariat général d’Interpol à Lyon, en France, a reçu la démission de M. Meng Hongwei en tant que président d’Interpol, avec effet immédiat», a indiqué l’organisation de coopération policière aux 192 pays membres dans un communiqué.

Ce communiqué a été diffusé deux heures après l’annonce de la Commission centrale d’inspection disciplinaire du PCC, chargée de la répression de la corruption de fonctionnaires, attestant que Meng Hongwei «est actuellement visé par une enquête car il est soupçonné d’avoir violé la loi».

Grace Hongwei a fait part de sa vive inquiétude devant la presse en révélant que le dernier message reçu du téléphone de son mari, le 25 septembre alors qu’il était en Chine. Ce message ne comportait qu’une émoticône représentant un couteau. Une phrase : «Attends mon appel» était indiqué dans un précédent message.

Cette dernière a assuré que son mari, qui présidait Interpol depuis novembre 2016, était «en danger», assurant que le sort réservé à son mari relève de la «ruine politique». «Tant que je ne le vois pas en face de moi, en train de me parler, je ne peux pas avoir confiance», a dit celle qui vit à Lyon avec leurs deux enfants.

«Cette affaire relève de la justice. Cette affaire concerne la communauté internationale. Cette affaire concerne le peuple de mon pays», a-t-elle dit.

Le 8 octobre, le ministère de la Sécurité publique annonce dans un communiqué que le patron démissionnaire d’Interpol, le vice-ministre de la Sécurité publique Meng Hongmei, a «accepté des pots-de-vin». Ce communiqué est un compte-rendu d’une réunion organisée ce 8 octobre dans la cellule du PCC du ministère de la Sécurité publique, mais il ne précise pas si les accusations qui lui sont imputées relèvent de ses fonctions ministérielles ou bien de celles qu’il exerçait à Interpol. Aucune information n’a été donnée sur sa mise en détention.