Des Organisations Non Gouvernementales (ONG) de défense des Droits de l’homme ont demandé le 4 février la création d’une commission d’enquête de l’ONU sur la « déradicalisation » de centaines de milliers de Ouïghours du Xinjiang.

L’appel est adressé particulièrement aux pays d’Europe et aux pays musulmans. Parmi les ONG ayant signé cet appel figure Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International. Ces dernières souhaitent que le Conseil des droits de l’homme de l’ONU – dont la session annuelle s’ouvrira le 25 février 2019 à Genève – envoie une mission exploratoire internationale dans la province autonome chinoise.

Ces ONG dénoncent l’internement et « l’endoctrinement forcé » de nombreux membres de cette communauté musulmane turcophone. « Les exactions au Xinjiang sont si graves actuellement qu’elles appellent une réaction de la communauté internationale », a déclaré à Genève, le directeur exécutif de HRW, Kenneth Roth.

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« L’objectif de ces internements est d’annihiler l’identité ethnique et religieuse des musulmans et de garantir leur fidélité exclusivement aux autorités chinoises, au Parti communiste et au président (…) Xi Jinping », a-t-il ajouté.

Selon les défenseurs des droits de l’homme, un million d’Ouïghours et de membres d’autres minorités musulmanes, comme les Kazakhs – soit près de 10% de la population totale du Xinjiang – sont internés dans ces camps, privés de tout droit juridique fondamental et soumis à de mauvais traitements.

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La Chine, dont l’ample programme de « déradicalisation » des musulmans au Xinjiang inquiète de plus en plus la communauté internationale, a assuré le mois dernier qu’elle accueillerait des responsables de l’ONU s’ils évitaient de « s’immiscer dans les affaires intérieures » du pays.

En janvier, Beijing avait organisé pour la presse étrangère, dont l’agence Reuters, une visite dans trois centres dit de formation à vocation éducative. Dans ces centres, des Ouïghours turcophones suivaient en mandarin des cours sur le danger des idées islamistes.