Le gouvernement chinois a déclaré le 7 janvier qu’elle était disposée à accueillir des représentants des Nations Unies au Xinjiang, province de l’ouest du pays en proie à des troubles, à condition qu’ils suivent les procédures adéquates.

Le ministère chinois des affaires étrangères a invité «toute partie qui respecte les lois et règlements de la Chine et ne s’immisce pas dans ses affaires intérieures», a déclaré Shohrat Zakir, président du gouvernement populaire de la région autonome ouïghoure du Xinjiang.

Des diplomates de 12 pays vont effectuer une visite dans des «centres de formation professionnelle» au Xinjiang à l’invitation de la Chine. Pour le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lu Kang, «le Xinjiang est une zone ouverte et nous invitons toutes les parties, y compris les responsables des Nations Unies, à effectuer une visite dans la région et à respecter les lois chinoises».

La Chine est accusée d’avoir ouvert des camps de déradicalisation dans cette province où vit une importante communauté Ouïghour, musulmane et turcophone.

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Cependant «toutes les parties doivent respecter les principes de la Charte des Nations Unies et ne pas interférer dans les affaires intérieures d’autres pays ou saper leur souveraineté. Ils doivent adopter une attitude objective et neutre et éviter d’être biaisés ou trompés par de faux messages», a assuré Lu Kang.

La Haute Commissaire de l’Onu aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a annoncé en décembre 2018 que ses services cherchaient à avoir accès au Xinjiang pour vérifier des « informations inquiétantes » sur la présence de camps de rééducation.

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Plusieurs pays occidentaux, dont la France, l’Allemagne et les Etats-Unis, ont appelé début novembre 2018 la Chine à fermer ses camps d’internement. De son côté, la Chine a affirmé que les mesures prises en matière de sécurité sont nécessaires pour lutter contre l’influence des groupes « extrémistes » au Xinjiang.

Face aux accusations, le pouvoir chinois a parallèlement lancé une intense campagne de relation publique pour défendre sa politique au Xinjiang. Ces deux dernières semaines, des diplomates de douze pays (dont la Russie, l’Indonésie, l’Inde, le Kazakhstan et le Pakistan) ont visiter des centres de formation et d’enseignement professionnels au Xinjiang à la fin du mois de décembre. De plus, un groupe de médias étrangers, dont Reuters et TASS, s’est rendu dans des centres du 3 au 5 janvier, d’après Lu Kang.