Des contrats chiffrés en milliards d’euros ont été signés le 8 décembre entre la Chine et l’Arabie saoudite à Riyad, au deuxième jour de la visite du président chinois Xi Jinping dans cette monarchie pétrolière du Golfe.

Cette visite de trois jours à d’importants enjeux géopolitiques, mais elle a surtout été critiquée par les Etats-Unis, partenaires traditionnels du royaume saoudien, qui a engagé ces dernières années d’élargir ses relations économiques et politiques.

Une vingtaine d’accords, d’une valeur de plus de 110 milliards de riyals saoudiens (27,8 milliards d’euros) ont été signés dans la journée, selon les médias d’Etat saoudiens.

Le Roi Salman bin Abdelaziz Al Saoud d’Arabie Saoudite, Xi Jinping et le Prince Mohammed bin Salman bin Abdelaziz Al Saoud, ont assisté à la signature de ces contrats. Parmi lesquels, un accord de partenariat stratégique global entre le Royaume d’Arabie saoudite et la République populaire de Chine.

Xi Jinping et le prince héritier ont eux assisté à la signature d’accords énergétiques sur l’hydrogène ainsi qu’à un autre visant à coordonner le programme saoudien de diversification économique avec l’initiative chinoise « La Ceinture et la Route », d’après l’agence de presse saoudienne SPA.

Les accords signés couvrent également un projet pétrochimique, le développement de logements et l’enseignement de la langue chinoise, a ajouté SPA.

La Chine est le premier importateur de pétrole brut d’Arabie saoudite et le royaume saoudien est le premier exportateur d’or noir. Mais le prince Mohammad considère la Chine comme un partenaire potentiel dans le cadre de son ambitieux programme de réformes, visant à réduire la dépendance du royaume au pétrole.

Les entreprises chinoises pourraient ainsi se voir attribuer des contrats dans les grands projets en cours, notamment dans le domaine des technologies de surveillance, très développé en Chine.

Le 7 décembre, des entreprises saoudiennes et chinoises ont signé 34 accords d’investissement dans les domaines de l’hydrogène vert, les technologies de l’information, le cloud computing, le transport et la construction. Leur montant global n’a pas été révélé.

Les échanges commerciaux bilatéraux ont totalisé 304 milliards de riyals saoudiens (76,9 milliards d’euros) en 2021, et 103 milliards de riyals (26 milliards d’euros) au 3e trimestre 2022, selon SPA.

Pour le ministre saoudien de l’Investissement, Khaled al-Falih, la visite de Xi Jinping « contribuera à accélérer le rythme de la coopération économique » entre Riyad et Pékin. Une situation que voit d’un mauvais oeil Washington.

En effet, le 7 décembre, Washington a mis en garde contre « l’influence que la Chine veut gagner dans le monde entier », estimant qu’elle n’est de pas nature à préserver « l’ordre international ».

Les relations historiques entre les États-Unis et l’Arabie saoudite se sont tendues ces dernières années. L’Arabie saoudite a d’ailleurs refuser d’augmenter la production de pétrole pour limiter l’envolée des prix, dans le contexte de l’invasion russe de l’Ukraine en février, ce qui a également provoqué la colère de l’administration américaine.

Illustration : Xi Jinping et le roi Salmane en Chine en 2016