Les présidents américain Donald Trump et chinois Xi Jinping, se sont entretenus le 1er décembre 2018 à Buenos Aires, afin de négocier une trêve dans la guerre commerciale lancée par Washington en juillet.

Trois jours plus tard, le président américain Donald Trump s’est montré mesuré sur les chances de succès des négociations commerciales avec la Chine, faisant chuter Wall Street.

Donald Trump évoquait le 3 décembre encore le « grand bond en avant » dans les relations avec son homologue chinois, Xi Jinping. Mais le lendemain, le milliardaire républicain a envisagé pour la première fois de prolonger la trêve de 90 jours, jusqu’au 1er mars, qu’il a imposé aux chinois.

Revirement de Donald Trump

Donald Trump évoque la possibilité de faire passer les taxes douanières de 10 à 25% les taxes douanières sur 200 milliards de dollars de produits chinois importés. « Les négociations avec la Chine ont déjà commencé. A moins d’être étendues, elles s’arrêteront 90 jours après la date (le 1er décembre, ndlr) de notre merveilleux et très chaleureux dîner avec le président Xi en Argentine », a écrit le président américain.

Ce revirement viendrait des critiques de nombreux analystes et éditorialistes, qui ont souligné qu’il avait donné sans recevoir grand chose en échange. Un avis partagés par les investisseurs américains : « les gens commencent à disséquer les détails du cessez-le-feu commercial et s’aperçoivent qu’il va être difficile de trouver un accord définitif dans les 90 jours », a estimé Nate Thooft, de Manulife AM, auprès de l’Agence France Presse.

Les négociateurs américains devront s’assurer qu’un « vrai accord est possible avec la Chine. S’il l’est, on le conclura », a insisté le président. « Je suis l’Homme des tarifs douaniers » pour faire payer ceux qui « pillent la grande richesse de notre Nation », a menacé Donald Trump.

En échange de la trêve accordée par le président américain, Beijing doit entre autre accepter d’acheter davantage de produits américains et de réduire le déficit commercial énorme (autour de 305 milliards d’euros) qui irite Donald Trump.

Xi Jinping gagne du temps

Mais le gouvernement chinois est resté vague sur le calendrier et sur les montants. Selon le président américain, qui estimait que l’engagement de la Chine allait avoir « un impact incroyablement positif » pour les fermiers américains, ces achats doivent commencer « tout de suite ».

« On n’a ni chiffre, ni calendrier » sur les promesses annoncées, a souligné David Salmonsen, spécialiste du commerce pour le premier syndicat agricole aux Etats-Unis, l’American Farm Bureau. Les mesures de rétorsion chinoises, ciblées pour avoir un impact politique maximal sur l’électorat de Donald Trump, frappe directement les agriculteurs et notamment les producteurs de soja.

Le principal conseiller économique de Donald Trump, Larry Kudlow, a assuré qu’il s’attendait à ce que la Chine lève « rapidement » les taxes douanières sur les produits agricoles. Mais pour les analystes, Xi Jinping est parvenu à gagner du temps et à éviter une pression accrue sur son économie chinoise.

La rencontre Xi/Trump a bien eu lieu