La Chine a provoqué une tempête sur les marchés financiers et s’est attiré les foudres du président américaine, Donald Trump, qui a dénoncé une nouvelle fois la manipulation du yuan.

La monnaie chinoise renminbi ou yuan a franchi le seuil symbolique des 7 yuans pour un dollar, un seuil qui n’avait pas été enfoncé depuis 9 ans.

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Dans la nuit de dimanche 4 à lundi 5 août, l’agence de presse Xinhua a annoncé que les entreprises chinoises avaient cessé d’acheter des produits agricoles américains.

Cette décision fait suite à la menace de Donald Trump d’imposer des droits de douane supplémentaires à la quasi-totalité des importations chinoises à partir du 1er septembre.

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La dépréciation du yuan a entraîné une vive réaction de la part du président américain, qui a dénoncé une « manipulation de la monnaie ». « Cette violation majeure affaiblira considérablement la Chine avec le temps », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.

« La Chine a l’intention de continuer à toucher des milliards de dollars pris aux Etats-Unis grâce aux pratiques commerciales déloyales et à la manipulation de la monnaie », a encore ajouté Donald Trump.

La monnaie chinoise n’est pas entièrement convertible et la Banque centrale chinoise fixe chaque jour un taux pivot, qui s’inscrivait le 5 aout à 6,9225 pour un dollar, en repli de 0,33% par rapport à vendredi.

« Le gouvernement chinois peut être tenté d’autoriser une dépréciation supplémentaire du yuan pour soutenir sa croissance au moment où les perspectives économiques de la Chine s’assombrissent à cause de la guerre commerciale« , a estimé Ken Cheung, stratège à Mizuho Bank à l’agence britannique, Reuters.

Jusqu’ici, Beijing s’efforçait de soutenir sa monnaie « pour ne pas compromettre » les pourparlers commerciaux avec les Etats-Unis, a souligné Julian Evans-Pritchard, du cabinet Capital Economics.

D’ailleurs, le Trésor américain a toujours refusé, après enquête, d’accuser la Chine de manipuler sa monnaie. Donald Trump et son administration reprochent à la Chine d’être largement responsable de leur énorme déficit commercial.

Les américains réclament à Beijing des réformes structurelles pour interdire par exemple les subventions aux entreprises publiques, les transferts de technologie imposés aux entreprises étrangères et le « vol » de la propriété intellectuelle américaine. Ils exigent aussi l’achat de davantage de produits américains, notamment agricoles.

Mais en représailles aux dernières menaces de Donald Trump, le gouvernement chinois a demandé à ses entreprises publiques de cesser l’achat de produits agricoles américains.

La Chine compte ainsi viser les agriculteurs américains, très dépendants du marché chinois et qui constituent une importante base électorale pour Donald Trump à l’approche de la présidentielle de 2020.

La Chine « n’écarte pas temporairement la possibilité d’imposer des droits de douane supplémentaires sur les produits agricoles américains pour les transactions conclues après le 3 août, et les compagnies chinoises concernées ont cessé d’acheter des produits agricoles américains », a indiqué le ministre du Commerce et la Commission nationale du développement et des réformes.