Coup de théâtre, le président américain Donald Trump a relancé ce 1er août la guerre commerciale contre Beijing, en annonçant son intention d’étendre des droits de douane supplémentaires à toutes les importations en provenance de Chine.

Dans une série de tweets, le président américain a précisé que son administration allait infliger, à compter du 1er septembre, «de petits droits de douane supplémentaires de 10 % sur les 300 milliards de dollars» d’importations chinoises jusque-là épargnées.

De son côté, le ministère chinois du commerce a indiqué que « si le plan tarifaire américain est mis en oeuvre, la Chine devra prendre des contre-mesures nécessaires pour défendre fermement ses intérêts nationaux clés et les intérêts fondamentaux de son peuple. La partie américaine en supportera toutes les conséquences ».

Les États-Unis ont «gravement enfreint» la trêve conclue en juin entre les présidents américains et chinois à Osaka lors du sommet du G20, a indiqué le ministère chinois du Commerce dans un communiqué.

« Cette décision américaine viole gravement le consensus auquel sont parvenus les chefs d’Etat des deux pays à Osaka, s’écarte de la voie correcte et ne contribue pas à résoudre le problème. La Chine est vivement mécontente et s’oppose fermement à ce plan », a déclaré un porte-parole du ministère.

«Imposer des droits de douane n’est en aucune façon une manière constructive de résoudre les frictions économiques et commerciales», avait déjà commenté depuis Bangkok le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, dans des déclarations à une chaîne de télévision chinoise.

Cette annonce a suscité une vagueur de stupeur sur les : le pétrole a terminé en recul de près de 8% à New York et les principaux indices boursiers à Wall Street ont fini dans le rouge. A l’ouverture : la Bourse de Tokyo perdait le 2 août plus de 2% et les Bourses chinoises ont ouvert en forte baisse, Hong Kong cédant 2,32% et Shanghai 1,63%.

«Je ne suis pas inquiet» de la baisse des marchés, a assuré Donald Trump à des journalistes, ajoutant : «je m’y attendais». Il a estimé que le président chinois Xi Jinping voulait bien un accord mais a jugé qu’il «n’allait pas assez vite».

Donald Trump a aussi prévenu qu’il pourrait augmenter encore les tarifs douaniers sur les produits chinois si la Chine n’acceptait pas les exigences américaines, évoquant la possibilité d’aller «bien au-delà de 25%». Si ces futures taxes étaient mises en œuvre, c’est la totalité des importations chinoises qui serait alors surtaxée.

Pour autant, Donald Trump affirme que les discussions vont se poursuivre comme prévu «début septembre». Mais le président du conseil économique sino-américain (USCBC), Craig Allen, craint que cette décision ne pousse les chinois à abandonner les négociations.

Cette hausse des taxes viendrait selon Donald Trump de l’absence d’engagement de la part de la Chine : achats massifs de produits agricoles américains et coup d’arrêt aux ventes de fentanyl, un opiacé faisant des ravages aux États-Unis et dont la Chine est l’un des principaux producteurs.

Pourtant, les autorités chinoises ont affirmé avoir acheté ces dernières semaines davantage de produits agricoles américains. Les négociations semblaient se dérouler dans un climat relativement apaisé cette semaine à Shanghai. Au lendemain des échanges, le 1er août, les deux parties avaient même fait état de discussions «productives» pour tenter de mettre fin à une guerre commerciale déclenchée il y a un peu plus d’un an.