Le président américain Donald Trump s’est lancé dans un conflit commercial avec Beijing, pourtant le milliardaire est lié à des entreprises d’Etat chinoises par le biais d’un énorme projet immobilier en Indonésie.

Via une de ses filiales, le groupe public Metallurgical Corporation of China (MCC) a annoncé le 10 mai la signature d’un contrat avec l’indonésien MNC Land, dans la construction d’un parc à thème au sein d’un gigantesque projet de complexe résidentiel et commercial près de Jakarta.

Ce projet s’élève à 1 milliard de dollars (840 millions d’euros), le futur parc à thème est financé à hauteur 420 millions d’euros par des prêts garantis par le gouvernement chinois.

Dans son communiqué, MCC a précisé que cet investissement chinois s’inscrit dans le cadre de l’initiative du président Xi Jinping, «La Ceinture et la Route». La présence de Donald Trump, via ses filiales, dans le projet phare de la Chine.

L’investissement de la China dans ce projet n’est pas directement lié aux projets de Donald Trump, car elle représente la moitié du financement du futur complexe de 3 000 hectares. Toutefois, elle a un droit de regard déterminant pour la réussite ou l’échec de ce futur site.

Il reste encore du flou autour de la présence de la Trump Organization (société regroupant les affaires du président) dans la décision d’associer des entreprises publiques chinoises à ce projet indonésien.

Cependant des brochures commerciales de MNC Lido City diffusée largement prônent le financement du parc à thème par la Chine et les résidences Trump comme les vedettes du futur complexe. D’après l’Agence France Presse, des documents officiels et internes révèlent que la Trump Organization a été étroitement associée à la préparation du projet.

Ce lien entre la Chine et la Trump Organization contredit la promesse de Donald Trump de faire en sorte que ses intérêts commerciaux ne soient pas liés à des gouvernements étrangers sous sa présidence.

«Même si ce contrat est totalement légal, il ajoute au soupçon de collusion entre les intérêts commerciaux et politiques du président», a indiqué Christopher Balding, économiste à l’Ecole de commerce HSBC à Shenzhen. «Surtout quand on est au bord d’une guerre commerciale, ça ne fait pas très bonne impression. D’aucuns seront entièrement fondés à exiger des explications», a ajouté ce dernier auprès de l’AFP.