À Suzhou, une maison de retraite a mis en place un système de bons de réduction de soins, afin de récompenser les enfants qui rendent visite à leurs parents.  Pourtant en 2013, une loi visant à protéger les personnes âgées obligeait les enfants à leur rendre visite. En vain, les cas de maltraitance n’ont pas diminué et la loi est peu appliquée.

Résoudre les problèmes de solitude

L’objectif est de résoudre les problèmes de solitude des personnes âgées et de permettre aux parents de voir leurs enfants. Cette initiative a été lancé par le directeur de l’établissement qui a décidé d’agir face au désarroi des personnes âgées de son établissement.

Avec ce système, les visites se sont multipliées par trois. Une petite victoire, alors que de moins en moins d’enfant prenne soin de leurs parents. En 2013, la capitale faisait également face à ce même problème de délaissement.

En effet, la solitude des seniors s’accroît d’année en année et devient une question cruciale de la société. Mais résoudre ce dilemme, une loi a été instauré, obligeant tous les  enfants à rendre visite à leurs parents âgés régulièrement, ou au moins rester en contact avec eux.

Une version révisée de la « loi pour la protection des droits et des intérêts des plus âgés » est entrée en application le 1er juillet 2013, obligeant les proches à répondre aux besoins quotidiens, financiers et spirituels des plus de 60 ans.

Elle oblige aussi ceux qui vivent séparés de ces derniers à venir les voir de manière fréquente, sans quoi ils risquent une amende, voire la prison. De leurs côtés, les employeurs doivent permettre aux salariés de s’absenter pour remplir leur devoir familiaux.

Ce texte amendé avait été adopté en décembre 2012, suite à une série de scandales de négligences à répétition. Bien que la tradition confucéenne de pitié filiale fait partie intégrante de la culture, la modernisation de la société a conduit à un individualisme et une rupture du schéma familial traditionnel.

Une loi qui oblige à la moralité

Alors que pour certains, l’idée du bon de réduction de soin est une bonne initiative : « ce coupon, c’est une bonne incitation », a indiqué une femme, venue rendre visite à sa mère ; sur internet, de nombreuses réactions se sont indignés, il y a trois ans, de la volonté du gouvernement de culpabiliser les enfants et de leur imposer ces règles.

« Tous les Chinois savent ce qu’ils ont à faire pour leurs parents, la dette qu’ils leur doivent pour les avoir élevés et amenés à avoir un bon travail. Mais la vie a changé en Chine. Il faut gagner beaucoup d’argent pour vivre correctement, aller loin de sa ville ou de son village natal pour trouver un bon emploi. Et souvent, les parents âgés restent isolés, loin des enfants qu’ils ne voient qu’une fois par an, pour le Nouvel An« , a expliqué Wen Ling, professeur de français à Chengdu (Sichuan), au quotidien La Croix.

La femme de 92 ans aurait été cloîtrée dans un enclos à cochons par son fils et sa belle-fille.

« Mais ça, le gouvernement le sait depuis des années. Il ferait mieux d’ouvrir des maisons de retraite et d’assurer aussi comme en France un système de retraite quasi inexistant ici« , a indiqué ce dernier. D’autant que « l’urbanisation et la population migrante ont brisé l’ancien modèle de soutien aux parents, c’est la réalité, alors que la population âgée ne cesse de croître », indiqué le docteur Liu Kaiming, sociologue à Beijing.

Tous s’accordent à dire que la loi ne sera pas appliquée. Depuis 2013, des cas de maltraitance ont été révélé dans les médias chinois et occidentaux. Janvier 2017, une vidéo d’une femme de 92 ans circulait sur Weibo depuis plusieurs jours comme preuve de la maltraitance croissante que subissent les personnes âgées.

La femme de 92 ans aurait été cloîtrée dans un enclos à cochons par son fils et sa belle-fille. La vieille dame ne recevait que peu de nourriture et d’habits, et était constamment battue et injuriée, selon le journal Nanguo Morning News, basé à Guangxi.

Des photos de l’intervention des fonctionnaires du gouvernement local libérant la vieille dame ont été publiées sur Weibo. Ces vidéos et photos ont provoqué la colère et l’indignation de nombreux internautes, qui ont accusé sa famille de traitement « inhumain » et « bestial« . Ces derniers ont espéré que le fils et la belle-fille « seront traités de la même manière par leurs enfants lorsqu’ils seront vieux ».