A l’occasion d’un point presse relayé par le journaliste Jean-Paul Pigasse de l’Agence d’information d’Afrique centrale (ADIAC), plusieurs journalistes ont demandé à l’ambassadeur de Chine au Congo, Xia Huang, « que compte faire la Chine dans les années à venir pour aider l’Afrique à obtenir la place qui devrait être la sienne dans la gouvernance mondiale en raison de son poids humain, de sa dimension géographique, des ressources naturelles qu’elle détient ?« .

logo AIDACD’après l’ADIAC, « Xia Huang a dit clairement que son pays fera tout ce qui est en son pouvoir pour amener les grandes puissances à réformer », évoquant d’ailleurs le Conseil de sécurité des Nations unies où l’Afrique ne possède pas de sièges permanents.

Pour le journaliste, il apparait évident que la Chine ne pas « faire du rééquilibrage des pouvoirs à l’échelle planétaire l’un des objectifs majeurs de sa politique étrangère », cependant, « les autorités de l’Empire du milieu réfléchissent enfin sérieusement au processus qui permettrait à l’Afrique de mieux faire entendre sa voix dans le concert des nations », « c’est en tout cas le sentiment des observateurs que nous sommes », ajoute-il.

D’ailleurs, la Chine était parvenue à reprendre sa place sur la scène internationale grâce aux pays africains, qui avaient fait part de leurs soutiens lors de son adhésion dans plusieurs institutions internationales, après avoir été considéré persona non grata après les évènements de Tian’an men en 1989.

Pour l’ADIAC, si la Chine prend clairement partie pour le continent dans le système mondial de gouvernance, alors le pays pourrait accroitre son influence et faire face au « processus qui se dessine de plus en plus nettement et qui vise au rééquilibrage géopolitique imposé au reste du monde par les États-Unis et l’Union soviétique, lorsque prit fin la deuxième guerre mondiale, il y a soixante-dix ans ».

« Si, effectivement, le président Xi Jinping fait de ce rééquilibrage l’un des axes principaux de la diplomatie chinoise, il renforcera nettement les positions de son pays« . D’ailleurs, les nouvelles lignes politiques présentées en décembre 2015, lors du dernier Forum sino-africain sur la coopération, seraient renforcées par cette nouvelle dimension diplomatique chinoise. « Et comme, dans le même temps, l’influence de l’Europe ne cesse de diminuer du fait de ses divisions internes il affaiblira le camp occidental face à un monde émergent dont le poids ne cesse de croître« , souligne le journaliste.

Image de Une : Table ronde lors du Forum sino-africain de 2006