«Le G7 n’est pas un club hostile à la Chine», a déclaré le président français Emmanuel Macron, à l’issue du sommet du G7 au Royaume-Uni.

Rencontre entre Emmanuel Macron et Xi Jinping, en janvier 2018

Le président français a dit attendre de la Chine qu’il respecte les règles « auxquelles nous sommes collectivement et volontairement soumis, celles de l’Organisation mondiale du commerce », mais souligne des désaccords « assumés » quand il s’agit du travail forcé ou des droits de l’homme.

Le G7 n’est donc «pas un club hostile à la Chine», même si le communiqué final appelle la Chine à l’ordre sur la situation au Xinjiang et à Hong Kong. Le groupe des sept a demandé à la Chine de «respecter les droits de l’homme et les libertés fondamentales, particulièrement en ce qui concerne le Xinjiang et les droits, libertés et degré élevé d’autonomie pour Hong Kong inscrits dans la déclaration conjointe sino-britannique et la Loi fondamentale».  

Le président français a estimé lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet en Cornouailles que le G7 «est un ensemble de démocraties qui entend travailler avec la Chine sur tous les sujets mondiaux sur lesquels la Chine est prête à travailler avec nous», en citant le changement climatique, le réengagement dans les règles du commerce mondial, ou encore les politiques de développement.

Cette mise au point d’Emmanuel Macron s’articule avec la volonté de ce dernier de plaider pour une «voie» européenne, sans alignement sur Washington. D’ailleurs, les dirigeants européens du G7, Royaume-Uni exclu, s’étaient mis d’accord sur une ligne claire vis-à-vis de la Chine, estimant qu’elle est « un rival systémique, un partenaire sur les enjeux globaux, et un concurrent », avait indiqué la présidence française à l’issue de leurs discussions.

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Les Européens veulent garder une certaine indépendance vis-à-vis de Washington même si une « convergence grandissante » sur la Chine émerge au sein du G7, selon un haut responsable américain présent à Carbis Bay. Or l’Allemagne est réticente, vis-à-vis de ce projet baptisé « Reconstruire le monde en mieux » pour concurrencer les Nouvelles routes de la soie. Raison pour laquelle, aucun montant n’a été donné sur ce vaste plan visant à fournir des infrastructures dans les pays émergents et pauvres.

D’ailleurs, le président du Conseil européen, Charles Michel, a défendu l’accord sur les investissements conclu entre Bruxelles et Pékin, « un pas énorme dans la bonne direction ». Dans ses relations avec la Chine, l’UE « ne transigera pas avec ses valeurs et libertés fondamentales ainsi qu’avec les droits humains », a-t-il assuré.

Mais, a-t-il expliqué lors d’un entretien avec des journalistes dont l’AFP, « nous voulons rééquilibrer notre relation économique avec la Chine ». « Ces dernières années nous avons décidé de faciliter l’accès à notre marché unique » mais « il y a un manque de réciprocité », et « il a été décidé l’année dernière d’engager une accélération des négociations » en vue de cet accord.

De son côté, la Chine a fustigé : «l’époque où les décisions mondiales étaient dictées par un petit groupe de pays est révolue depuis longtemps». Avant le sommet, la Chine avait donné le ton lors d’un échange téléphonique entre Anthony Blinken, le secrétaire d’Etat américain, et le chef de la diplomatie chinoise, Yang Jiechi.

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Pour ce dernier, « le seul authentique multilatéralisme », « c’est celui qui traite tout le monde d’égal à égal et promeut une coopération mutuellement bénéfique », avait-il protesté. « Pas le pseudo-multilatéralisme basé sur les intérêts de cliques et sur une politique des blocs », avait-il déclaré.