Les entreprises européennes ont réalisé des bénéfices plus élevés en Chine que dans d’autres pays du monde et sont en train d’augmenter leurs investissements en Chine après sa reprise rapide de la pandémie de nouveau coronavirus l’an dernier, selon l’agence Bloomberg.

La proportion d’entreprises européennes prévoyant d’étendre leurs opérations en Chine est passée à près de 60% en 2021 contre 51% l’an passé, a-t-elle indiqué Bloomberg, en citant une enquête de la Chambre de commerce de l’Union européenne en Chine (EUCCC).

Environ la moitié des 585 entreprises interrogées ont déclaré des bénéfices plus élevés en Chine que leur moyenne mondiale, alors que ce chiffre était de 38% en 2020.

De plus, 73% des sondés ont déclaré un bénéfice l’an dernier, tandis que 14% ont fait état d’un équilibre. Ces chiffres étaient à peu près au même niveau que les années précédentes malgré la perturbation provoquée par la pandémie, ce qui reflète la reprise rapide de l’économie chinoise, a écrit l’agence de presse économique, Bloomberg.

«La résilience du marché chinois a constitué un refuge bienvenu pour les entreprises européennes au milieu de la tempête pandémique», selon elle. Dans le même temps, un quart des entreprises interrogées «externalisent» leurs chaînes d’approvisionnement en Chine, d’après la dépêche.

«L’essentiel est de développer la chaîne d’approvisionnement autant que possible pour fournir ce dont le marché a besoin ici», a expliqué Charlotte Roule, vice-présidente de l’EUCCC, citée par Bloomberg.

D’ailleurs, alors que l’accord d’investissement UE-Chine est en suspend, le président du Conseil européen, Charles Michel, a défendu cet accord. Il a expliqué qu’«un pas énorme dans la bonne direction», avant ses rencontres avec le président américain Joe Biden.

Le président de l’instance représentant les Vingt-Sept se rendra au sommet du G7, organisé de du 11 au 13 juin, en Cornouailles (sud-ouest de l’Angleterre), avant d’accueillir Joe Biden le 15 juin à Bruxelles, avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Dans ses relations avec la Chine, l’UE « ne transigera pas avec ses valeurs et libertés fondamentales ainsi qu’avec les droits humains », a assuré Charles Michel. Mais, a-t-il expliqué lors d’un entretien avec des journalistes dont l’AFP, « nous voulons rééquilibrer notre relation économique avec la Chine ».

« Ces dernières années nous avons décidé de faciliter l’accès à notre marché unique » mais « il y a un manque de réciprocité », et « il a été décidé l’année dernière d’engager une accélération des négociations » en vue de cet accord.

La Commission européenne, chargée de la politique commerciale des 27 États membres de l’UE, a conclu fin 2020 un accord surprise avec la Chine sur les investissements, après des années de blocage.

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Le Parlement européen ainsi que les pays membres doivent encore approuver l’accord visant à ouvrir le marché chinois aux entreprises de l’UE. Mais cette ratification est pour l’instant gelée à la suite de sanctions européennes contre la Chine, accusée de violations des droits humains dans la région du Xinjiang.

La Chine a répliqué en prenant des contre-sanctions visant notamment des parlementaires européens et des universitaires.

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Reconnaissant que cet accord suscitait le débat en Europe, il s’est dit « personnellement persuadé que ce qui est sur la table est un pas énorme dans la bonne direction (…) pour faciliter les investissements des sociétés européennes » soulignant aussi « les engagements pris par les autorités chinoises sur les droits sociaux » prévus par le texte.

La conclusion de cet accord a aussi surpris à Washington qui compte sur ses alliés (Canada, Australie, Royaume-Uni) pour soutenir sa politique de fermeté à l’égard de la Chine.

Charles Michel s’est défendu de toute naïveté dans la relation avec la Chine, affirmant que la position des Américains était « très semblable » à celle des Européens. « Pour eux, c’est un concurrent, mais il est aussi important de coopérer avec la Chine quand c’est nécessaire », a-t-il conclu.