Afin de lutter contre la montée en puissance de la Chine, les dirigeants du G7 ont décidé de lancer ce 12 juin un plan mondial sur les infrastructures afin d’aider les pays défavorisés. Un programme similaire à celui de l’Initiative La Ceinture et la Route, lancée par Xi Jinping.

Réunis jusqu’au 13 juin à Carbis Bay, dans le sud-ouest de l’Angleterre, les chefs d’État et de gouvernement d’Allemagne, de France, d’Italie, du Royaume-Uni, du Canada, du Japon et des Etats-Unis affichent leur entente et leur volonté de contrer la Chine.

Ainsi, les dirigeants veulent s’affirmer face aux défis posés par la Chine et la Russie. Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Joe Biden a maintenu la politique de son prédécesseur Donald Trump contre la Chine, et cherche à allier ses partenaires afin de faire front commun contre l’Empire du milieu.

Or son lobbying contre la Chine a été entendu, car les 6 pays – alliés des Etats-Unis au G7 – ont lancé un vaste plan mondial d’infrastructures à destination des pays pauvres et émergents. L’objectif est de concurrencer les « Nouvelles routes de la soie » (One Belt, One Road) mises en place par la Chine dès 2013, que ce soit en Amérique latine, en Afrique ou Asie.

Ce projet du G7 baptisé « Reconstruire le monde en mieux » (Build Back Better World – B3W) devrait aider ces pays à faire face à la pandémie, en se focalisant sur le climat, la santé, le numérique et la lutte contre les inégalités, a annoncé la Maison Blanche dans un communiqué.

Interrogé par l’Agence France Presse, un haut responsable américain a indiqué qu’il «ne s’agit pas de pousser les pays à choisir entre les Etats-Unis et la Chine. Il s’agit de proposer une autre vision et une autre approche».

Les dirigeants du G7, rejoints par leurs homologues de Corée du Sud, d’Afrique du Sud et d’Australie, ainsi que d’Inde virtuellement, ont assuré qu’ils entendaient affirmer leurs « valeurs » de démocraties libérales. Une pic à l’adresse de la Chine, que Joe Biden qualifie de non démocratique.

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De son côté, Yang Jiechi, le plus haut responsable diplomatique du Parti communiste chinois (PCC), a dénoncé lors de l’ouverture du Sommet du G7, le 11 juin, la volonté des Etats-Unis de constituer des «cliques», au cours d’un appel téléphonique avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken.

«Le seul authentique multilatéralisme, c’est celui fondé sur les buts et principes de la Charte des Nations Unies et du droit international», a indiqué Yang Jiechi au cours de son appel téléphonique avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken.

«C’est celui qui traite tout le monde d’égal à égal et promeut une coopération mutuellement bénéfique. Pas le pseudo-multilatéralisme basé sur les intérêts de cliques et sur une politique des blocs», a-t-il déclaré selon la télévision chinoise CCTV.

Cet appel téléphonique entre Yang Jiechi et Antony Blinken est le premier dialogue diplomatique bilatéral de haut niveau entre la Chine et les États-Unis depuis la rencontre, tendue, organisée en mars en Alaska entre les deux hommes et qui avait tourné à l’affrontement en direct à la télévision.

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Le Sommet du G7 marque le retour des États-Unis sur la scène internationale après les années isolationnistes de Donald Trump. Tout comme son prédécesseur, Joe Biden se veut ferme avec la Chine.

Mais à la différence de Donald Trump, Joe Biden veut user du canal diplomatique pour rallier ses partenaires internationaux contre la Chine. «Les États-Unis devraient résoudre leurs propres graves violations des droits de l’homme et ne pas utiliser les soi-disant problèmes des droits de l’homme comme prétexte pour s’ingérer arbitrairement dans les affaires intérieures d’autres pays», a déclaré Yang Jiechi au secrétaire d’Etat américain.

Se voulant optimiste, le haut responsable de la Chine a toutefois appelé les États-Unis «à travailler avec la Chine» afin «de remettre sur les rails les relations sino-américaines» qui «restent dominées par le dialogue et la coopération».