Avec notre stagiaire Marie-Lou Cazillac – Les inquiétudes, liées à localisation de la chute des débris de la fusée Long March 5B, ont mis en évidence le manque international de communication et de coordination spatiale.

Fusée chinoise Longue Marche

La Chine a envoyé le 29 avril dans l’espace le module de base de sa station spatiale. Ce module Tianhe a été propulsé par une fusée Longue-Marche 5B depuis le centre de lancement de Wenchang, sur l’île tropicale de Hainan (sud). Depuis, les scientifiques se sont inquiétés de la chute incontrôlée d’un étage de la fusée Longue Marche.

Le 9 mai, les débris du premier étage de la fusée chinoise Long March 5B sont tombés près des Maldives, dans l’océan Indien. Cet incident a été suivi de près par le monde entier, et a mis en évidence le manque international de communication et de coordination dans le domaine spatial, sans quoi ces inquiétudes auraient pu être évitées.

Celles-ci concernaient surtout l’endroit où les débris pourraient tomber, en particulier s’il s’agissait d’une zone fortement peuplée, ce qui serait une menace pour les habitants et pour les propriétés de la surface terrestre. Elles reflètent aussi la méfiance politique et le manque de coordination qui existent entre de nombreux pays, qui pourraient créer une situation dangereuse pour l’avenir de la conquête spatiale.

Selon certaines analyses, si la Chine accélère sa stratégie spatiale, c’est surtout pour concurrencer les États-Unis dans ce domaine. Mais en augmentant ses lancements de fusées et de satellites, ainsi qu’en refusant de partager des informations à ce sujet avec d’autres pays, la Chine ne fera que s’enfoncer dans une nouvelle course à l’espace avec les Américains.

Selon les médias britanniques, depuis son arrivée au pouvoir, le président américain Joe Biden n’est parvenu qu’à un consensus avec la Chine sur les questions de réchauffement climatique. Il a également déclaré qu’il n’avait pas l’intention de dissoudre les «forces spatiales» de Donald Trump.

Si l’administration Biden était prête à coopérer davantage avec d’autres nations dans le domaine de la conquête spatiale, il faudrait lever les obstacles liés à la modification des lois. Dans ce cas-là, les coûts politiques associés seront, cependant, plus élevés.

Lincoln Hines, chercheur à l’Université Cornell aux États-Unis, a estimé que les diverses actions de la Chine dans le domaine de la conquête spatiale visent à renforcer le prestige local et le soft-power national, plutôt qu’à étendre la puissance militaire.

Si la Chine devait devenir une superpuissance spatiale et gagner à la fois du prestige et des gains économiques, elle pourrait peut-être obtenir le double avec moitié moins de travail si elle renforçait sa communication et sa coordination avec d’autres pays. Cela vaut également pour les autres nations du monde qui veulent se lancer dans la conquête de l’espace.