L’interdiction du commerce d’ivoire est entrée en vigueur ce 1er janvier 2018 en Chine, qui était le premier marché de destination pour les défenses de contrebande.

« À partir d’aujourd’hui, l’achat et la vente d’ivoire et de produits de l’ivoire par les marchés, les magasins et les commerçants est hors-la-loi« , a déclaré lundi 1er janvier le ministère chinois des forêts sur son compte Weibo. Cette interdiction avait été annoncée à la fin del ‘année 2016, elle portera aussi sur le commerce en ligne et sur les souvenirs achetés à l’étranger.

L’agence de presse, Xinhua, a rappelé l’interdiction partielle du commerce de l’ivoire l’an dernier, qui a déjà entraîné une baisse de 80% des saisies entrant dans le pays. Les prix en Chine de l’ivoire brut sont aussi en baisse de 65%, selon l’agence.

De plus, en mars 2017, 67 ateliers et magasins impliqués dans ce commerce avaient fermé et 105 autres doivent le faire au plus vite. En effet, le ministère a indiqué qu’à « partir de maintenant, si un marchand vous dit qu’il s’agit d’un ‘vendeur d’ivoire approuvé par l’État’ il vous trompe et viole la loi en connaissance de cause ».

Une défense d’éléphant sculptée.

Très recherché, l’ivoire a pu atteindre jusqu’à 1 050 € le kilo, devenant le symbole d’un statut social élevé. La forte demande du pays a alimenté le massacre de dizaines de milliers de pachydermes africains par an. Selon un rapport du Fonds mondial pour la nature (WWF), diffusé en septembre 2017, les « réseaux criminels organisés, notamment de citoyens chinois, opèrent en Afrique centrale, et sont des acteurs clés du commerce d’ivoire ».

L’ONG a d’ailleurs précisé que « trois facteurs compromettent gravement la lutte contre le trafic d’ivoire en Afrique centrale : la faible gouvernance, la corruption et l’évolution changeante du commerce », évoquant un système international ultra sophistiqué.

Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, le braconnage a vu la population d’éléphants baisser en dix ans de 110 000 animaux à 415 000.

Malgré cette interdiction officielle, les experts estiment qu’une recrudescence du marché noir, déjà très prospère depuis des années, devrait se consolider. Ces réseaux relient l’Afrique de l’Est (Tanzanie, Kenya) à l’Asie (Malaisie, Philippines et Hong Kong) : près de 90% de l’ivoire vendu en Chine passe déjà par le marché noir d’après WWF.

Interdiction totale du commerce de l’ivoire d’ici la fin de 2017