Troisième visite d’Etat en Chine pour le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, qui vient une semaine après sa rencontre historique avec le président américain Donald Trump, au moment où la Chine entend de jouer un rôle dans l’évolution de son petit voisin.

«Kim Jong Un visite la Chine du 19 au 20 juin», d’après l’agence de presse Xinhua, qui ne fournit aucun détail sur son programme.

Trois visites en trois mois pour s’assurer le soutien de la Chine

Kim Jong-un entame une poignée de main avec Moon Jae-in en avril 2018

Il s’agit de la troisième visite en Chine du dirigeant nord-coréen en moins de trois mois. Fin mars, il avait effectué dans la capitale son premier déplacement à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir fin 2011. Son deuxième voyage en mai à Dalian s’était déroulé après le Sommet avec le président sud-coréen, Moon Jae-in.

Cette troisième visite vise à consolider les relatons entre la Chine et la Corée du nord, qui avait  reprochait à son allié historique l’application des sanctions internationales afin de lui faire abandonner son programme nucléaire. Kim Jong-un souhaite un assouplissement des sanctions économiques en échange de ses promesses de dénucléarisation et attend le soutien de la Chine dans cette démarche.

En effet, les ministères des affaires étrangères de la Chine et de la Russie avaient suggéré aux Nations unies l’allègement des sanctions si Pyongyang mettait en application «son engagement ferme et inébranlable envers la dénucléarisation de la péninsule» coréenne.

Cependant, le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a exclu la levée des sanctions économiques drastiques imposées au fur et à mesure de ses essais nucléaires et balistiques avant une dénucléarisation complète.

Reçu le 15 juin à Beijing, le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, a assuré auprès de Mike Pompeo que son pays avait «réaffirmé son attachement envers les résolutions du conseil de sécurité de l’ONU». Mais après sa rencontre avec Wang Yi, il a reconnu que ces résolutions possédaient des «mécanismes d’allègement» pouvant être «envisagés le moment venu».

«La priorité (…) est désormais de décider de la marche à suivre»

Un grand nombre d’observateurs cités par l’agence de presse sud-coréenne, Yonhap, assurent que la visite de Kim Jong-un en Chine serait probablement destinée à informer Xi Jinping des résultats de son sommet avec Donald Trump et aussi à demander le soutien de Beijing à l’approche des pourparlers sur la vitesse à laquelle la Corée du Nord devra abandonner son programme d’armes nucléaires.

Pour Shin Beom-chul, chercheur à l’Institut Asan pour les études politiques, «il semble que Kim Jong-un a l’intention d’exprimer sa gratitude à la Chine pour avoir fourni un soutien pendant sa rencontre avec Donald Trump comme la mise à sa disposition d’un avion, tout en présentant les grands sujets qui ont été abordés lors du sommet et en cherchant à prendre l’initiative à travers une consultation sur la situation future».

Toutefois, Hua Po, analyste politique indépendant basé à Beijing, a expliqué à l’Agence France Presse que «la priorité de Xi Jinping et de Kim Jong Un est désormais de décider de la marche à suivre. Il peut y avoir des divergences entre la Corée du Nord et les États-Unis sur le processus de dénucléarisation, car les États-Unis veulent une dénucléarisation irréversible et vérifiable. Il est difficile pour Kim Jong-un d’accepter cela».

«Par conséquent, la Chine et la Corée du Nord veulent renforcer leur communication et élaborer une stratégie globale dans leur relation avec les États-Unis», a-t-il ajouté. De son côté, Bonnie Glaser, analyste au Center for Strategic and International Studies de Washington, «les Chinois pensent depuis longtemps que s’ils pouvaient déloger les troupes américaines de la région, cela serait la clé de la diminution de l’influence américaine et de l’accélération de la création d’une région plus centrée sur la Chine».