mercredi, mai 22

La Chambre des représentants adopte un texte pouvant interdire TikTok aux États-Unis

Les membres de la chambre des représentants ont voté une loi le 20 avril dans la soirée, poussant le réseau social TikTok à couper ses liens avec sa maison mère ByteDance, et plus largement avec la Chine, sous peine d’être interdit aux États-Unis.

La plateforme de vidéos est accusée par des responsables américains de permettre à Pékin d’espionner et de manipuler ses 170 millions d’utilisateurs aux États-Unis. Cette interdiction doit être validée par le Sénat, avant d’être mise en vigueur.

Interdire TikTok «violerait la liberté d’expression»

Ce texte pourrait aboutir sur une inédite interdiction à l’accès du marché américain. Validé par le Sénat, il a été adopté par 360 voix contre 58, avec des voix démocrates et républicaines. Le président Joe Biden a indiqué qu’il signerait la loi si celle-ci était adopté par le Sénat. Ce dernier avait d’ailleurs Le président démocrate avait redit son «inquiétude» à propos de TikTok lors d’un échange avec son homologue chinois Xi Jinping début avril.

Cette proposition fait partie d’un texte à plusieurs volets comprenant un plan d’aide à l’Ukraine, à Israël et à Taïwan ainsi que ces dispositions concernant TikTok. Interdire TikTok «violerait la liberté d’expression» de 170 millions d’Américains, a immédiatement protesté le populaire réseau social.

Dans un communiqué, un porte-parole de TikTok a ajouté que le projet de loi d’interdiction «ravagerait 7 millions d’entreprises et fermerait une plateforme qui contribue pour 24 milliards de dollars par an à l’économie américaine (et qu’il) est regrettable que la Chambre des représentants utilise le couvert d’une aide étrangère et humanitaire importante pour faire adopter une fois de plus un projet de loi d’interdiction.»

Dans le collimateur des Américains

Si ce texte entre en vigueur, il obligera ByteDance, la maison-mère chinoise de TikTok, à vendre l’application dans un délai de douze mois, auquel cas elle serait exclue des boutiques d’applications d’Apple et de Google sur le territoire américain.

Un texte similaire avait déjà été adopté mi-mars par les représentants, ne prévoyant qu’un délai de six mois pour trouver un acheteur autre que chinois mais le projet de loi était ensuite resté dans les limbes parlementaires.

L’ancien secrétaire américain au Trésor de Donald Trump, Steven Mnuchin, avait évoqué l’idée d’un rachat de TikTok aux États-Unis en réunissant un groupe d’investisseurs. Mais une telle loi pourrait susciter des contestations devant la justice.

D’autant plus que cette mesure donnerait au président américain le pouvoir de désigner d’autres applications comme des menaces pour la sécurité nationale si elles sont contrôlées par un pays considéré comme hostile aux États-Unis.

Elon Musk, le propriétaire de X, s’est déjà prononcé vendredi contre l’interdiction de TikTok aux États-Unis au nom de la «liberté d’expression». «À mon avis, TikTok ne devrait pas être interdit aux États-Unis, même si une telle interdiction pourrait profiter à la plateforme X. Cela irait à l’encontre de la liberté de parole et d’expression. Ce n’est pas ce que l’Amérique représente», a-t-il déclaré sur X (ancien Twitter).

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