Selon le rapporteur spécial de l’ONU, Tom Andrews, la Russie, la Chine et la Serbie ont continué à fournir des armes à la junte birmane, qui ont servi à attaquer des civils depuis le coup d’État.

Le rapporteur a appelé à une convocation d’urgence du Conseil de sécurité, dont la Chine et la Russie sont membres permanents avec un droit de veto.

L’objectif de cette réunion sera d’«adopter une résolution qui au minimum interdise ces transferts d’armes que les militaires birmans utilisent pour attaquer et tuer des civils», selon un communiqué.

«Malgré les preuves des atrocités commises par la junte en toute impunité depuis le coup d’État de l’année dernière, la Russie et la Chine, des membres du Conseil de sécurité ont continué à fournir la junte militaire birmane avec de nombreux avions de chasse et blindés», a indiqué Tom Andrews.

Depuis février 2021, plus de 1500 civils ont été tués et plusieurs centaines de milliers déplacés, d’après les Nations unies, la junte réprime durement le mouvement de contestation.

D’ailleurs, l’ONU enquête sur de potentiels crimes contre l’humanité après des rapports sur des massacres de villageois et de centaines de maisons incendiées.

Pour le rapporteur spécial, aucun des pays qui a livré des armes «ne pouvait ignorer ou au moins se douter» qu’au moins depuis 2018 les armes vendues à la Birmanie seraient utilisées dans des attaques contre des civils en violation du droit international.

Ainsi «par ses transferts de nombreux avions de chasse, missiles et avions de transport militaires fabriqués par des entreprises d’État, depuis 2018 mais aussi depuis le coup, la Chine a violé le droit humanitaire international», a accusé Tom Andrews.

Selon lui, la Chine «savait avec une quasi-certitude» que ces armes seraient employées contre des civils. Il évoque notamment les avions de combat JF-17, fabriqués conjointement avec le Pakistan, également épinglé dans le rapport, notamment parce qu’Islamabad «envisagerait d’autoriser bientôt» de livrer de nombreuses munitions à la Birmanie pour les avions mais également des obus de mortier ou des lance-grenades.

«Le peuple birman est cruellement déçu par la réponse de la communauté internationale», a affirmé le rapporteur spécial. «La situation des droits humains en Birmanie est grave et se détériore encore», a indiqué ce dernier, qui juge qu’«il est impératif de changer de cap pour mettre fin aux crimes», estimant que les solutions existent mais «ce qu’il faut maintenant c’est la volonté politique de s’en saisir».

Tom Andrews est conscient que sa recommandation au Conseil de sécurité d’imposer un embargo sur les armes et des sanctions ne devrait pas aboutir. Cependant, il a estimé que la perspective d’un véto ne doit pas empêcher les autres de présenter une résolution qui forcera chacun à se positionner publiquement.

A minima, il a proposé une résolution imposant un embargo sur les armes pouvant être utilisées contre les civils. Pour lui, les pays membres peuvent imposer des sanctions économiques et un embargo sur les armes pour ceux qui ne l’ont pas encore fait.