Souhaitant rattraper l’Occident et mieux défendre ses frontières avec des armements plus chers, la Chine a augmenté de 6,8 % ses dépenses militaires pour 2021.

Ce taux de croissance, plus élevé qu’en 2020 (+ 6,6 %), a été annoncé dans un rapport du ministère des Finances publié en marge de la session annuelle du Parlement.

La Chine prévoit de dépenser 1 355,34 milliards de yuans (175 milliards d’euros) pour sa défense, ce qui reste trois à quatre fois inférieur aux dépenses de Washington. «C’est un chiffre officiel qui ne tient probablement pas compte de toutes les dépenses liées à la défense», a analysé Adam Ni, directeur de l’institut China Policy Centre (Australie). «Le même problème existe avec d’autres pays, y compris les États-Unis».

La Chine souhaite rattraper l’Occident, améliorer le paiement des militaires, notamment pour attirer de nouveaux talents au sein de l’armée, mais surtout mieux défendre ses frontières avec des armements plus chers.

«Les menaces extérieures auxquelles est confrontée la Chine l’obligent à renforcer ses capacités de défense», notamment face aux «ingérences américaines sur la question de Taïwan», a justifié Song Zhongping, expert chinois de l’APL.

La Chine, qui possède déjà deux porte-avions (le Liaoning et le Shandong), en construit actuellement un troisième. L’armée chinoise affirme avoir une politique « défensive » et « ne pas rechercher l’hégémonie ou l’expansionnisme ». Cependant, elle suscite la méfiance récurrente des nations voisines.

«La puissance militaire croissante de la Chine, sans aucun doute, semble menaçante pour les autres pays asiatiques […] et les États-Unis», a estimé James Char, expert de l’armée chinoise à l’Université de technologie de Nanyang, à Singapour.

«Mais l’APL aura encore besoin de plusieurs années ou décennies avant d’être vraiment au point. Elle devrait donc probablement faire preuve de prudence avant de se lancer dans des combats réels», a indiqué ce dernier.

La Chine a souligné que ses dépenses militaires ne font que suivre sa croissance économique et qu’elles restent modérées en pourcentage du PIB (environ 2 %), là où Washington et Moscou dépassent les 3%.

Selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), les États-Unis étaient loin devant (732 milliards de dollars) en termes de dépenses militaires en 2019, devant la Chine (261), l’Inde (71), la Russie (65), l’Arabie saoudite (62) et la France (50).