Après avoir signé une déclaration commune avec d’autres membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, visant à refuser toute « guerre nucléaire », Pékin a appelé Washington et Moscou à réduire leurs arsenaux et déclaré qu’il continuerait à « moderniser » le sien.

Dans une rare unanimité, les cinq puissances (Etats-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni et France — ou « P5 ») ont déclaré qu’elles s’engageaient à prévenir la propagation des armes atomiques.

Elles ont assuré qu’une « guerre nucléaire ne pouvait être gagnée et ne doit jamais être menée », ajoutant que ces armes « tant qu’elles existent, doivent servir à des fins défensives, de dissuasion et de prévention de la guerre ».

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Les signataires ont publié leur déclaration commune avant la 10e conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération (TNP), prévue au cours de ce mois de janvier 2022, mais qui a été reportée à une date ultérieure pour cause de pandémie.

Ils ont également promis de renforcer leurs mesures pour « empêcher l’utilisation non autorisée ou non intentionnelle d’armes nucléaires ». « C’est effectivement un document historique », a indiqué Fu Cong, directeur général du service de contrôle des armements au ministère chinois des Affaires étrangères.

Pékin rejette régulièrement les invitations de Washington à rejoindre des discussions américano-russes sur la réduction de leurs armes nucléaires. La Chine atteste que les arsenaux des américains et des russes sont bien plus importants que le sien.

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Selon les estimations de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), les Etats-Unis disposent de 5.550 armes nucléaires et la Russie de 6.255, contre 350 pour la Chine.

« Les Etats-Unis et la Russie possèdent encore 90% des têtes nucléaires de la planète. Ils doivent réduire leur arsenal nucléaire de manière irréversible et juridiquement contraignante », a indiqué Fu Cong.

Plusieurs médias britanniques et américains ont publié ces derniers mois des informations selon lesquelles Pékin a atteint un haut niveau d’expertise dans les missiles dits « hypersoniques ». Ces missiles ont une trajectoire plus imprévisible et capables d’emporter des têtes nucléaires.

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La Chine aurait selon eux testé un nouveau missile hypersonique capable de lancer à son tour un projectile, une technologie dont ni les Etats-Unis ni la Russie ne disposeraient actuellement.

« La Chine a toujours adopté la politique de non-recours en premier aux armes nucléaires et nous maintenons nos capacités nucléaires au niveau minimal requis pour notre sécurité nationale », a souligné Fu Cong.

« La Chine continuera à moderniser son arsenal nucléaire pour des questions de fiabilité et de sécurité. Les armes nucléaires vieillissent, également. Nous devons nous assurer que les nôtres sont à la page et peuvent servir de moyen de dissuasion », a assuré ce dernier.

Moscou s’était félicité de cette déclaration commune qui « contribuerait à réduire le niveau des tensions internationales ». De son côté, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, reste très alerte vis-à-vis de la situation.

En décembre 2021, il écrivait dans une tribune que « compte tenu du stockage de plus de 13.000 armes nucléaires dans les arsenaux du monde entier, combien de temps notre chance peut-elle durer? ».