Les États-Unis ont formellement contredit la Chine qui avait assuré qu’il s’agissait d’un test pour la production d’un nouveau véhicule spatial.

En effet, le Financial Times avait révélé le 16 octobre que la Chine aurait testé début août un planeur hypersonique, lancé dans l’espace par une fusée classique. Par la suite le missile aurait circulé en orbite basse, lui permettant d’effectuer le tour du monde à plusieurs fois la vitesse du son, avec une trajectoire changeante.

Même si ce test a manqué sa cible de 32 kilomètres, selon le quotidien britannique, c’est la prouesse technologique qui a surpris les services américains. « Ce qui compte, c’est la maîtrise de la technologie », a expliqué Pierre Haski dans son édito géopolitique sur France Inter, le 18 octobre. « Il y a trois ans, la Chine avait fait un premier essai, sur quelques minutes seulement ».

CES AVANCÉES TECHNOLOGIQUES INQUIÈTENT 

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Selon Taylor Fravel, un expert de la politique chinoise en matière d’armes nucléaires, un planeur hypersonique armé d’une ogive nucléaire pourrait aider la Chine à « annuler » les systèmes de défense antimissile américains qui sont conçus pour détruire les missiles balistiques entrants.

Ce dernier a expliqué au Financial Times que « les véhicules hypersoniques. … volent sur des trajectoires plus basses et peuvent manœuvrer en vol, ce qui les rend difficiles à suivre et à détruire ».

Le professeur au Massachusetts Institute of Technology a indiqué qu’il serait « déstabilisant » que la Chine développe et déploie entièrement une telle arme. Cependant, il précise qu’un essai ne signifiait pas nécessairement que la Chine allait déployer cette capacité.

L’inquiétude reste de mise pour le plus haut gradé américain, le général Mark Milley. Ce dernier a confirmé publiquement le 27 octobre un essai de missile hypersonique par Pékin datant d’août et révélé à la mi-octobre par le Financial Times.

Ce dernier a reconnu que les États-Unis avaient été pris par surprise. «Ce à quoi nous avons assisté, c’est (…) un test très significatif d’un système d’armement hypersonique», a déclaré le chef d’état-major américain dans une interview à la chaîne Bloomberg TV.

Mark Milley a comparé ce test au lancement en octobre 1957 par l’URSS du premier satellite artificiel, Spoutnik, qui avait surpris les États-Unis et lancé la course à la conquête spatiale. «Je ne sais pas si c’est exactement comme Spoutnik, mais je pense que c’en est très proche» a-t-il déclaré.

Le général Milley est le premier responsable américain à confirmer publiquement le lancement en août d’un missile à capacité nucléaire ayant fait le tour de la Terre en orbite basse avant de descendre vers sa cible.

Citant des sources ayant eu connaissance du test, le quotidien britannique ajoutait que le missile avait raté sa cible de plus de 30 km. Pékin avait démenti ces informations. « Cet essai était un test de routine d’un véhicule spatial, destiné à tester la technologie de véhicule spatial réutilisable », avait assuré devant la presse Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

LA CHINE CONTINUE SON AVANCÉE

En 2019, la Chine a présenté en 2019 un missile hypersonique, le DF-17. Cette arme de portée intermédiaire (autour de 2000 km), sous forme de «planeur», peut porter des têtes nucléaires.

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Le missile mentionné par le Financial Times est différent, car il pourrait atteindre l’espace, être placé en orbite puis retraverser l’atmosphère avant de frapper sa cible. Sa portée serait alors bien plus grande.

Les États-Unis ne possèdent pas encore de missiles hypersoniques dans leur arsenal. Cependant, le DARPA (Agence pour les projets de recherche avancée de défense), placé sous l’égide de l’armée américaine, a annoncé récemment avoir testé avec succès son missile hypersonique HAWC (Hypersonic Air-Breathing Weapon Concept) à propulsion aérobie, c’est-à-dire qu’il utilise l’oxygène présent dans l’atmosphère pour sa combustion.

Le Pentagone développe également un planeur hypersonique appelé ARRW (prononcer Arrow, ou flèche en anglais), mais son premier test grandeur nature a échoué en avril 2021.