La Chine a déposé des observations sévères auprès des Etats-Unis après l’adoption par la Chambre des représentants d’un projet de loi lié à la région autonome du Xinjiang.

« La Chine a déposé des observations sévères et exprimé sa ferme opposition à l’adoption d’un projet de loi lié au Xinjiang par la Chambre des représentants des Etats-Unis », a annoncé Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

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Pour ce dernier, les élus américains ont négligé « la position ferme de la Chine et les faits », examinant et adoptant « avec obstination le projet de loi lié au Xinjiang, qui salit de manière malveillante la situation des droits de l’Homme au Xinjiang, fait tout un battage autour d’un travail forcé inexistant et menace de sanctionner des entités et individus chinois », a indiqué ce dernier.

Lors d’un point presse, Wang Wenbon a déclaré que « les affaires du Xinjiang étaient purement des affaires intérieures de la Chine et que les Etats-Unis n’étaient pas en mesure d’intervenir et n’avaient pas le droit de le faire ».

Concernant les accusations de « travail forcé », le porte-parole a assuré qu’il s’agit de « mensonge de certaines institutions et personnes des Etats-Unis et de certains pays occidentaux ».

Le Bureau de l’information du Conseil des Affaires de Chine a récemment publié un livre blanc, intitulé « Emploi et droits du travail au Xinjiang », contenant six chapitres sur l’emploi au Xinjiang, les politiques proactives de l’emploi, le respect total des préférences de carrière des travailleurs, la protection des droits du travail, de meilleurs emplois pour de meilleures vies, et l’application des normes internationales sur les droits du travail et de l’homme.

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Ce « document souligne le fait que les politiques du travail et de l’emploi adoptées par les gouvernements locaux ont effectivement sauvegardé le droit fondamental des gens à l’emploi », a indiqué Wang Wenbin. « Si les américains se soucient vraiment de l’emploi et des droits du travail au Xinjiang, ils devraient lire attentivement ce livre blanc », a ajouté ce dernier.

Les accusations de « travail forcé » contre la Chine sont récurrentes. Alors qu’en 2013, la Chine avait annoncé l’abolition des camps de travail forcé en Chine, nés durant les années de gouvernance de Mao Zedong. En 2018, plusieurs organisations de défense des droits de l’homme déplorent l’existence de ces camps qui contribuent au développement économique de la Chine, selon Jean-Luc Domenach, sinologue et politologue, enseigne à l’Institut d’études politiques de Paris et au CERI.

Ce dernier expliquait qu’il y a « entre 5 et 8 millions de prisonniers dans près de 1000 camps de travail forcé. Selon ses dernières recherches, il y a environ 750 «laogai» (camps de «réforme ou rééducation par le travail») et entre 100 et 200 «laojiao» (camps d’«enseignement par le travail») ». 

Pour Wang Wenbin, les Etats-Unis « font tout un battage autour du soi-disant ‘travail forcé’ et répriment les entreprises du Xinjiang sous un tel prétexte, ce qui révèle leur hypocrisie et leur intention cachée de contenir la croissance du Xinjiang, de semer la discorde entre les groupes ethniques en Chine, de s’ingérer dans les affaires intérieures de la Chine et de rechercher des gains politiques égoïstes en jouant la carte de la Chine. Cependant, leurs tentatives méprisables ne réussiront jamais ».

« Nous exhortons la partie américaine à appréhender les faits et la situation, à cesser immédiatement de faire tout un battage autour du soi-disant ‘travail forcé’, à cesser de s’ingérer dans les affaires chinoises sous le prétexte du Xinjiang et d’entraver le développement de la Chine, et à cesser d’examiner et d’appliquer ce projet de loi lié au Xinjiang », a indiqué le porte-parole.